La collecte de lait « s’établirait à son niveau le plus bas depuis 2016 », note l’institut de l’élevage (Idele) dans sa récente note parue le 14 décembre, basée sur les données FranceAgriMer. « Après un repli de 2,4 % en septembre, le décrochage de la collecte se serait poursuivi en octobre, puis en novembre (environ -2 % par rapport à 2020) », analyse l’institut. Ce décrochage s’expliquerait par « la réduction tendancielle du cheptel » et la baisse de la productivité laitière, « probablement sous l’effet d’une moindre distribution d’aliments concentrés ». La hausse du prix de l’alimentation inciterait les éleveurs à rationner certains aliments comme les aliments azotés. À cela s’ajouteraient des fourrages de « qualité moyenne » cette année, notamment l’ensilage de maïs. Ce reflux de la collecte s’observe également chez les autres grands pays producteurs européens. L’Allemagne et les Pays-Bas connaissent une baisse « encore plus prononcée » que la France : -3 % en l’Allemagne et -4 % aux Pays-Bas en octobre. En Pologne et en Irlande, la croissance de la production ralentit.
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Dans le même temps en France, les volumes de lait bio continuent de progresser. Ils devraient s’élever à 1,24 Mrdl en 2021 soit 12 % de plus qu’en 2020 et les nouvelles conversions devraient apporter 100 Ml supplémentaires en 2022. Or, la production de lait bio a doublé ces cinq dernières années et la consommation n’a pas suivi, ce qui a créé un décrochage entre l’offre et la demande. Cette situation a conduit les industriels à déclasser environ 30 % des volumes de lait bio en conventionnel cette année. Dans un communiqué du 14 décembre, la Coordination rurale demande la mise en place d’un moratoire sur les conversions « afin de les limiter tant que le marché n’aura pas retrouvé un équilibre permettant une juste rémunération des producteurs ». Le syndicat annonce avoir adressé un courrier à Matignon demandant la création de campagnes promotionnelles pour les produits laitiers bio.