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Lait : « La course à la baisse des prix » est enrayée, selon Le Foll

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À l’issue des négociations commerciales, la baisse du prix des produits laitiers à marque nationale serait de l’ordre de 2 à 3 %, avec un prix du lait de consommation plutôt stabilisé. Pour la FNPL, les négociations commerciales se sont déroulées « sans trop de dégâts et de manière constructive ». Pour Stéphane Le Foll, « la course à la baisse des prix » est enrayée.

Le jour de l’ouverture du Salon de l’agriculture, le 27 février, Stéphane Le Foll a déclaré que la loi de modernisation de l’économie (LME) serait bien modifiée dans le cadre du projet de loi Sapin 2. « Le président l’a annoncé ce matin », expliquait-il lors d’un point presse. La révision du texte viserait à intégrer des éléments propres aux producteurs (coût de production, prix payé) dans les négociations commerciales entre industriels et distributeurs. Une annonce qui avait de quoi mettre un petit coup de pression sur certains maillons de la filière en pleines négociations commerciales. Au lendemain de la fin de ces dernières, le 1er mars, le ministre reprenait la parole : « L’engagement qui avait été demandé par le gouvernement à la grande distribution et aux industriels de stopper la course à la baisse des prix a semble-t-il […] été tenu ». Pour autant, « je suis incapable de vous dire quel est le niveau de prix fixé, puisque ce n’est pas moi qui le fixe » témoignait-il au micro d’Europe 1.

Les industriels alertent sur la baisse des prix

Dès, le lendemain, la Fédération nationale de l’industrie laitière (Fnil) prenait le contre-pied du discours du ministre et communiquait sur les « nouvelles baisses de prix sur les produits laitiers à marques nationales ». Pour Jehan Moreau, son directeur, « il est difficile de négocier. Il y a trop de lait. C’est même la crue du siècle ! ». De plus, si les distributeurs ont maintenu le prix du lait de consommation des marques nationales, cela ne représente « que 2,9 % du lait collecté en France. En déduire que le prix du lait payé aux éleveurs laitiers français va se maintenir en 2016 est une tromperie caractérisée », souligne le communiqué de la Fnil. Elle dénonce aussi le comportement des distributeurs qui « sous couvert d’une prétendue solidarité avec les producteurs français, profitent pleinement des excédents considérables de lait sur le marché européen pour faire baisser les prix des produits laitiers de grande consommation ». Face à ces propos, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a réagi rapidement, dans un communiqué du même jour, pour tenir un discours opposé. Pour les producteurs, la distribution, qui a signé la charte laitière de valeurs, l’a « respectée dans son esprit » et a bien joué le jeu. De plus, le syndicat « prend acte que les négociations commerciales se sont déroulées pour le secteur laitier sans trop de dégâts et de manière constructive ». « Il n’empêche que la FNPL comptera les sous pour les producteurs ! », prévient Thierry Roquefeuil, président du syndicat, en visant les industriels et les coopératives.

Les producteurs, plutôt satisfaits

La FNPL précise en effet que « seules trois entreprises privées […] se sont engagées formellement en signant la charte ». Et seule « la signature effective » de cette charte rend crédible pour une entreprise sa volonté de répercuter « sur le prix du lait payé au producteur les engagements tarifaires de la distribution ». Le 29 février, lors d’une conférence de presse, Thierry Roquefeuil était revenu sur les bénéfices de cette charte. « Elle a permis de se focaliser sur les sujets » qui posent problème et « d’alerter les pouvoirs publics », observait-il. Ainsi, d’après lui, « les pouvoirs publics ont compris que certains industriels étaient en train de se garder les marges », avant de conclure : « Les producteurs sont excédés. Surtout quand ils voient que certains industriels ont des résultats bien meilleurs en 2015 alors qu’eux sont en train de signer pour des années blanches ». Selon plusieurs membres de la filière, la déflation imposée par la distribution serait de l’ordre de 2 à 3 % sur l’ensemble des produits laitiers à marque nationale, excepté sur le lait de consommation dont le prix resterait stable par rapport à 2015. À noter que les négociations des produits laitiers à marques distributeurs et premiers prix, un marché conséquent pour la filière laitière, reviendront encore régulièrement sur le tapis au cours de l’année.

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Les coopératives laitières affirment leur adhésion à la charte laitière des producteurs

Plutôt réticentes à adhérer jusqu’à présent à la charte laitière de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), les coopératives du secteur, membres de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), affirmaient la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, le 26 février, vouloir en devenir partie prenante. Selon un communiqué de la FNCL, celle-ci « et les coopératives adhérentes s’engagent au respect du principe et des objectifs de la charte ». Elles « s’engagent à mettre en œuvre son contenu, qui incarne les valeurs coopératives de pérennité, de transparence et de solidarité ». Et de préciser : « sous réserve que l’issue des négociations [commerciales en cours avec les grandes surfaces, N.D.L.R.] permette de concrétiser les objectifs de la charte en termes de valeur au profit des associés coopérateurs, chaque coopérative laitière pourra, désormais, individuellement, la signer et la mettre en œuvre avec ses clients distributeurs ».

Négociations commerciales : des baisses de 2 à 3 % en porc, constate Culture Viande

Alors que les négociations commerciales se sont achevées le 29 février, les industriels de la viande (Culture viande) constatent des baisses de prix de 2 à 3 % pour les produits transformés à base de porc – les négociations annuelles ne concernant pas le prix de la viande fraîche. « Les opérateurs anticipent une offre de porc abondante jusqu’en juin », explique le directeur délégué, Paul Rouche. Après avoir progressé de 10 millions de têtes, la production européenne de porcs pourrait à nouveau augmenter de 3 à 5 millions de têtes, explique-t-il.