Le géant laitier Lactalis (marques Président, Lactel, Galbani) a dépassé pour la première fois en 2024 les 30 milliards d’euros (Md€) de ventes, d’après un communiqué. Celles-ci ont observé une croissance « solide » de 2,8 %, à 30,3 Md€, notamment grâce à un « rebond » des volumes écoulés, tandis que le bénéfice net a baissé de 16,1 %, à 359 M€, a indiqué le groupe lors d’une conférence de presse le 16 avril. Le bénéfice a été plombé par un accord avec le fisc français : en décembre 2024, le groupe a annoncé régler 475 M€pour « clore un différend portant sur des opérations internationales de financement ». Par ailleurs, malgré des « incertitudes au niveau géopolitique », notamment avec la menace de droits de douane américains, une enquête antidumping de la Chine sur certains produits laitiers européens, le blocage des importations en Algérie et la poursuite de la guerre en Ukraine, le p.-d.g. Emmanuel Besnier s’est dit « serein sur le modèle » de Lactalis et sur la croissance des produits laitiers dans le monde.
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Les ventes ont été tirées par la croissance de l’ultra-frais et par les États-Unis, deuxième marché pour le groupe, qui produit sur place plus de 90 % de ses produits consommés localement. Lactalis – qui a annoncé à l’automne 2024 une réduction de sa collecte en France – exporte et importe peu depuis les États-Unis, mais cela concerne des produits emblématiques, dont 330 t de Roquefort sur les plus de 7 200 produites sous la marque Société dans l’Aveyron, où le groupe a tenu sa conférence pour fêter les 100 ans de l’AOP. Les célèbres pâtes persillées avaient déjà souffert de 1999 à 2009 d’une guerre commerciale entre les États-Unis et l’Europe, avec des droits de douane américains de 100 % imposés au roquefort, en réponse à l’interdiction européenne d’importer du bœuf aux hormones. La consommation américaine n’avait jamais retrouvé ses niveaux pré-crise, selon Lactalis, qui cherche en ce moment de nouveaux débouchés pour le roquefort, de plus en plus délaissé depuis le Covid. (Avec AFP)