La principale association d’organisations de producteurs livrant à Lactalis s’est donné pour objectif de trouver une solution pour chacun de 272 éleveurs d’ici la fin de l’année 2025.
L’association d’organisations de producteurs (AOP) Unell a présenté à la presse, le 5 novembre, son plan pour « trouver une solution collective » pour les producteurs concernés par les annonces de réduction de la collecte de Lactalis d’ici 2026, y compris ceux qui ne sont pas adhérents de l’AOP. « Nous voulons trouver une solution pour chaque producteur d’ici la fin de l’année [2025] », explique Yohann Serreau, le président de l’AOP (onze OP). Les producteurs ont mandaté l’entreprise de conseil Triangle pour rechercher de nouveaux débouchés pour les éleveurs concernés : 121 dans le sud des Pays de la Loire et 151 dans l’Est (160 millions de litres de lait). Des rendez-vous ont eu lieu « avec plus de 20 laiteries », indique l’Unell.
À date, le « potentiel d’achat » dans l’Ouest « permet de couvrir les volumes produits par les fermes concernées ». Plusieurs laiteries, dont LSDH et Terrena, ont proposé de reprendre une partie de la production. Néanmoins, concrètement, le transfert de collecte ne sera pas si simple. « Il faut regarder les zones de collecte. Il y a des cahiers des charges différents en fonction des laiteries et des disparités de fréquence de collecte, ce qui pose question en termes de gestion du froid », explique Yohann Serreau. Dans l’Est, la situation est plus complexe, compte tenu de la diversité des laiteries et du « contexte topographique de montagne » qui « complexifie les circuits de collecte ». « Les contacts sont encore en cours », précise l’Unell.
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Contractualisation collective
L’AOP ne veut pas céder à l’urgence et prendre le temps de coordonner l’action des producteurs. « Il n’y aura pas d’envoi de courrier par Lactalis avant le mois de janvier. Nous avons encore douze ou quatorze mois devant nous pour nous organiser », rassure Yohann Serreau. « En fonction des solutions trouvées, le délai de préavis [douze mois] devra peut-être être raccourci pour certains producteurs, rallongé pour d’autres. C’est à discuter avec Lactalis pour qu’il n’y ait pas de rupture de collecte », poursuit-il. Le mois de novembre sera consacré à s’assurer que les attentes des producteurs et des nouveaux clients concordent. Enfin, à partir du début 2025, l’Unell se donne pour objectif de mettre en relation des groupes d’éleveurs avec les acheteurs « de manière collective pour contractualiser ». L’Unell ne s’interdit rien en matière de profil d’acheteur, français ou étranger. « Entrer dans des démarches AOP fera aussi partie des solutions pour les producteurs intéressés », ajoute son président.