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International Lait : l’Inde, un géant autosuffisant

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L’Inde est peu présente sur le marché international du lait, bien qu’elle en soit le plus gros producteur, avec un élevage avant tout de subsistance. La collecte progresse chaque année, mais à un moindre rythme que la demande dans un pays en forte expansion démographique, selon l’Institut de l’élevage.

L’Inde est le premier pays producteur de lait au monde, mais elle est peu présente sur les marchés internationaux. Ses échanges extérieurs représentent moins d’1% de sa production (1 million de tonnes), selon les chiffres de l’Institut de l’élevage publié dans Marchés mondiaux et produits laitiers en 2012 de mai 2013.
Pour faire face aux tensions du marché, l’Etat indien ajuste en permanence sa politique d’autosuffisance alimentaire en ouvrant ou fermant ses frontières. En juin 2012, le gouvernement a par exemple levé l’interdiction d’exporter de la poudre de lait maigre, et, en novembre, réduit le contingent d’importation de poudre de lait et augmenté le droit de douane.

Un élevage de subsistance

L’élevage laitier de subsistance est une composante essentielle de l’agriculture indienne : 80% des éleveurs possèdent 1 à 3 vaches et produisent 70% du lait national. Moins d’1% détiennent un troupeau de plus de 10 femelles.
Pour la campagne 2012/2013, la collecte indienne est estimée à 133 millions de tonnes. Elle est en hausse de 4,5% sur un an, suivant la tendance qui est en œuvre depuis 2000. Ce dynamisme repose sur l’augmentation du cheptel et sur une hausse de la productivité, qui reste faible à 1 600 kilos par animal.

La demande en forte hausse

Mais si la production augmente, c’est moins vite que la consommation dans un pays où la croissance démographique est forte (+1,5% par an). La demande intérieure progresse de 7% par an, ce qui provoque une tension qui fait augmenter le prix du lait au détail de 20% en 2012.
80% de la production nationale de lait sont consommés localement, avec 60% autoconsommés par les éleveurs ou vendus au voisinage, 23% transformés artisanalement, et 17% collectés par des circuits organisés. Le lait est la première source de protéine animale des Indiens qui sont végétariens à 40%. Les familles fabriquent des produits traditionnels concentrés (basundi, khoa, peda) ou coagulés (chhana, paneer, rasagolla). Le lait est le second poste de dépenses alimentaires, qui représente un tiers du budget des Indiens, derrière les céréales.

Un rôle qui devrait rester limité

Dans un futur proche, le rôle de l’Inde sur le marché mondial devrait rester limité, et sa production continuer d’augmenter au même rythme. « Si les tensions restent fortes, l’Inde pourrait devenir un opérateur important en termes d’importation. Le pays ne pèse pas très lourd sur le marché mondial mais peut avoir une influence importante », complète Gérard You, économiste à l’Institut de l’élevage.

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