L’aide de l’UE aux producteurs de lait suite à l’embargo imposé par la Russie entre 2014 et 2016 n’a pas été suffisamment ciblée, pointe un rapport spécial de la Cour des comptes de l’UE publié le 24 juin, qui appelle Bruxelles à mieux se préparer à l’avenir, notamment dans le cadre de la réforme de la Pac en cours. Point positif relevé par la Cour : la Commission a réagi rapidement. Après avoir estimé le volume des pertes d’exportations de beurre, de fromage et autres produits laitiers, celle-ci a en effet présenté, dès la fin 2014, un premier paquet de mesures exceptionnelles de soutien financier en faveur des producteurs de lait des États baltes et de la Finlande, pays les plus touchés, pour les inciter à réduire leur production.
Réserve de crise et soutiens couplés
Toutefois, soulignent également les auditeurs de la Cour, « les besoins réels des producteurs n’ont pas été suffisamment évalués, et l’aide accordée, pas assez ciblée ». La Commission s’est attachée à résoudre la question des prix mais n’a pas évalué l’ampleur des problèmes de trésorerie des exploitations laitières. Et les États membres ont privilégié des mesures exceptionnelles simples à mettre en œuvre, et opté pour une large répartition des fonds, sans guère cibler l’aide. Avant d’approuver tout nouveau soutien à la réduction de la production, la Commission devrait à l’avenir dans un premier temps examiner si les aides de la Pac (et en particulier les paiements couplés à la production) ne contribuent pas à l’offre excédentaire.
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Autre défaut identifié : plutôt que les besoins réels, c’est le montant des ressources disponibles qui a joué un rôle majeur dans la dotation budgétaire. Sur ce point, la Cour estime que la réforme de la Pac qui prévoit un assouplissement du fonctionnement de la réserve de crise devrait répondre à ce problème.