Lactalis annonce un prix du lait à 420 euros/1 000 l pour janvier et février. Cette hausse de 15 euros par rapport à décembre est insuffisante aux yeux des producteurs qui ont refusé la proposition. Les négociations se poursuivent devant le médiateur.
Les discussions entre Lactalis et l’Unell restent dans l’impasse. Les deux parties, en médiation depuis la fin janvier, ne parviennent pas à trouver un accord sur le prix du lait en 2024. L’industriel a annoncé, le 3 février, un prix du lait à 420 euros/1 000 litres (prix de base, 38-32) en janvier et février, soit une hausse de 15 € par rapport au prix initialement annoncé pour le mois de janvier. « Cet effort correspond à 15 € de plus que la formule contractuelle Unell-Lactalis », affirme la laiterie dans un communiqué du 3 février. Toutes primes confondues, cela porte la rémunération totale aux producteurs « à 460 €/1 000 l sur les deux premiers mois de l’année », fait valoir l’industriel. Cette augmentation a été proposée à l’Unell qui l’a refusée. Selon la principale association d’organisations de producteurs (AOP) livrant à Lactalis, le changement de position de l’industriel « confirme que la première annonce unilatérale à 405 €/1 000 l était totalement indécente », explique un communiqué du 5 février. Les producteurs, qui souhaitent revoir la formule de prix du lait fixée dans leur accord-cadre, indiquent avoir proposé « un compromis avec la reconduction du prix moyen 2023 sur le premier trimestre 2024 », soit 429 €/1 000 l. L’annonce de Lactalis ne met pas fin à la médiation qui se poursuit sous l’égide du médiateur des relations commerciales agricoles. L’Unell est la principale association d’organisations de producteurs livrant à Lactalis. Elle représente plus de 4 000 exploitations laitières livrant plus de 2 milliards de litres de lait.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La FNPL demande des contrôles
Alors que le bras de fer entre les grands industriels et les distributeurs vient de s’achever au 31 janvier, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) demande dans un communiqué du 1er février, « une enquête immédiate de la DGCCRF sur les pratiques de Lactalis dans les négociations commerciales ». Pour le syndicat, la situation contrevient à la « marche en avant » du prix, et donc aux lois Egalim. « Nous demandons donc que la lumière soit faite sur le niveau de la matière première agricole qui est prévu dans les contrats entre Lactalis et ses distributeurs et nous demandons des garanties pour que cette valeur revienne en totalité aux producteurs », poursuit-il. La FNPL demande aussi que « les résultats de ces contrôles soient rendus publics ». Lactalis fait, par ailleurs, l’objet d’une enquête du parquet national financier pour fraude fiscale aggravée et blanchiment de fraude fiscale aggravée (à lire dans cette édition). Des manifestations de producteurs ont été organisées ces dernières semaines devant les usines de Lactalis pour dénoncer le blocage des discussions avec l’Unell. Les éleveurs se mobilisent également contre Savencia, dont l’accord-cadre avec Sunlait (six organisations de producteurs) arrive à échéance en mars.