Abonné

Lait : menaces floues de riposte américaine contre le Canada

- - 3 min

Washington menace, entre autres, de riposter contre des mesures canadiennes dans le secteur du lait. Ce secteur n’est pas couvert par l’accord de libre-échange nord-américain dont, selon Donald Trump, les États-Unis ne comptent pas se retirer « pour le moment ».

Les États-Unis ont pris des mesures tarifaires contre les importations de bois de construction en provenance du Canada et menacent de riposter à des décisions de ce pays qui nuiraient à leurs producteurs de lait. Ces deux secteurs ne sont pas couverts par les dispositions de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena - États-Unis, Canada, Mexique) que Donald Trump a assuré le 26 avril ne pas vouloir quitter « pour le moment », alors qu’il l’a souvent qualifié de « désastre » pour l’économie américaine.

« Une petite montée de lait »

« Il y a le sentiment dans l’industrie laitière qu’ils (les Canadiens) ont pris une décision un peu abrupte », a déclaré le 25 avril le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross. En visite le 18 avril dans l’État du Wisconsin, Donald Trump avait qualifié de « honteuses » les mesures canadiennes de limitation des importations de concentré de protéines de lait (1).

Dans les faits, Ottawa n’a pris aucune nouvelle disposition dans ce secteur. Ce sont les producteurs laitiers qui ont négocié avec leurs transformateurs locaux au détriment d’une entreprise du Wisconsin qui y écoulait le concentré produit par seulement 75 producteurs américains.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Selon le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre, aucune règle n’empêche un industriel d’acheter à qui bon lui semble et, a-t-il ironisé sur Radio-Canada, Donald Trump a fait « une petite montée de lait ».

(1) Voir n° 3592 du 24/04/17

Les céréaliers américains inquiets

La Maison Blanche pourrait menacer de se retirer de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena), conclu en 1994, dans le cadre de sa stratégie pour le renégocier, a indiqué le Wall Street Journal le 26 avril. L’association des producteurs de céréales américains a immédiatement fait part de son inquiétude en rappelant dans un communiqué que « le Mexique et le Canada sont parmi nos plus importants marchés à l’exportation ». Un retrait de cet accord « aurait un effet immédiat sur les ventes au Mexique, sur les prix du marché et la rentabilité des céréaliers américains qui font déjà face à des prix inférieurs aux coûts de production », estime l’U.S. Grain Council. « Nos principaux marchés ne peuvent pas faire partie d’une tactique de négociations ».