Les résultats définitifs du programme européen de réduction volontaire de la collecte laitière montrent que celui-ci se situe 20 % au-dessous des attentes initiales. Il a néanmoins permis un net redressement des prix à la ferme.
Selon les résultats définitifs du programme européen de réduction de la production laitière, publiés le 7 avril, 48 288 agriculteurs de l’UE ont réduit de manière volontaire leur production de lait de presque 861 000 tonnes entre octobre 2016 et janvier 2017. Ce programme n’a donc pas atteint les engagements initiaux pris par les éleveurs. La réduction de production se situe en effet 20 % au-dessous des objectifs puisque, au total, ce sont 58 035 éleveurs qui s’étaient engagés à baisser leur production de 1,07 Mt de tonnes. La hausse progressive du prix du lait a vraisemblablement freiné l’enthousiasme. Le programme de Bruxelles disposait d’un budget communautaire de 150 millions € prévoyant que les producteurs participants reçoivent 0,14 € pour chaque kilogramme de lait non produit. Au final, seuls 120 millions € vont avoir été consommés. Chaque État membre avait par ailleurs la possibilité de compléter cette somme avec une partie des fonds européens distribués en juillet 2016 par la Commission européenne sous forme d’enveloppe nationale.
Léger recul du prix à la ferme en février
Ce programme a permis un rééquilibrage du marché laitier européen portant le prix moyen du lait à la ferme à 33,4 cts/kg en février, soit 31 % au-dessus de son niveau de juillet 2016, retrouvant ainsi la moyenne des cinq dernières années. Mais le prix à la ferme a connu un premier léger recul au mois de février à 33,3 cts/kg (-0,3 %) alors que la production entre actuellement dans son pic annuel. Selon les premières estimations pour le mois de mars, les prix devraient quand même remonter à 33,4 cts/kg.
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Dans son dernier rapport, l’Observatoire européen du marché laitier prévenait que « l’équilibre du marché mondial semble incertain avec la reprise de la production aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande, et une progression de la demande plutôt modeste ». De plus, les stocks importants de poudre de lait écrémé issus de l'intervention – 351 756 t – vont continuer à peser sur les cours. La Commission européenne repousse régulièrement toutes les offres qui lui sont soumises pour l’achat d’une partie de ces stocks, estimant que les prix qui lui sont proposés sont trop bas (1). Les prix de la poudre sont passés dernièrement sous le seuil d’intervention entraînant le stockage public fin mars et début avril de 250 t en Allemagne, 479 t en Lituanie et 472 t en Pologne.
(1) Voir n° 3583 du 20/02/2017