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Produits laitiers Laïta se lance dans un lourd programme d'investissements

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Avec 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires, Laïta est loin des leaders mondiaux du secteur laitier. Aussi la coopérative mise-t-elle sur la différenciation pour tirer son épingle du jeu à l'approche de la fin des quotas. Elle investit ainsi 80 millions d'euros pour produire des poudres à forte valeur ajoutée et mise notamment sur le segment des protéines laitières.

DE la poudre de lait, Laïta en produit déjà. Mais la coopérative bretonne veut capter de la valeur ajoutée sur un marché mondial en pleine croissance et investit à ce titre 80 millions d'euros sur deux ans (en plus des 40 millions d'euros d'investissements annuels) pour développer des productions mieux valorisées. « Nous sommes au début d'une évolution forte de l'utilisation des protéines. La séparation des protéines de lait représente l'axe le plus stratégique de ce programme d'investissement », explique Christian Couilleau, directeur général de Laïta et Even. Outre une tour de séchage de 30 000 t à Créhen (sur des poudres à forte valeur ajoutée), le plan d'investissement de Laïta comprend un atelier de boitage de lait infantile à Créhen également (proximité nécessaire pour les agréments en Chine), un complexe de déminéralisation de lactosérum sur le site de Landerneau, le développement des poudres de lait fermenté à Ancenis, un nouvel ensemble d'optimisation de la séparation des protéines du lait à Landernau et la poursuite de la rénovation des huit tours existantes. Tout cela s'accompagnera de la création d'une centaine d'emplois.

Miser sur les protéines laitières

Au global, avec les investissements déjà lancés cette année, la capacité de traitement du lait va augmenter de 15 % tout en faisant évoluer les débouchés de la coopérative. Dans un contexte de fin des quotas laitiers, Laïta mise sur la différenciation. Déjà active en nutrition médicale et infantile et dotée d'une équipe de R&D de 100 personnes, la coopérative veut en profiter pour proposer une offre différenciée, avec par exemple des protéines tracées. Une démarche qui correspond à la forte demande chinoise de sécurité alimentaire et de traçabilité. Pour l'heure, Laïta travaille à 55 % dans les PGC (dont 27 % sous la marque Paysan Breton), 10 % dans la nutrition spécifique (infantile et médical) et 35 % en poudre de lait classique. « Sur les 30 000 tonnes de poudre de lait supplémentaires qui seront produites, 80 % seront destinés au grand export », estime Christian Couilleau, qui précise que la Chine ne sera pas le seul débouché. Actuellement, les ventes au grand export pèsent 20 % des facturations de Laïta, qui travaille en France à 60 %.

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Laïta garde son indépendance

Le monde laitier coopératif, en pleine consolidation, voit les investissements se multiplier, notamment pour satisfaire la demande des marchés asiatiques. Cela n'inquiète pas Laïta. « Les investissements connus représentant trois ans de la croissance chinoise », estime Christian Couilleau. Contrairement à Sodiaal, qui sera simple apporteur de lait auprès du chinois Synutra à Carhaix et d'Isigny Sainte Mère, qui a ouvert son capital à Biostime (le chinois détient 20 % du capital et 10 % des droits de vote), Laïta investit seul avec un emprunt bancaire classique de 30 millions d'euros et une augmentation de capital de 20 millions d'euros souscrite par les actionnaires actuels prévue pour fin 2015.

Pour rappel, Laïta est détenu à 50,57 % par Even, 31,01 % par Terrena et 18,42 % par Triskalia. L'entreprise, qui collecte 1,3 milliards de litres de lait annonce 1,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires et emploie 2 400 salariés sur huit sites industriels.