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Etude L’alimentation animale réduit les stocks de maïs au Brésil

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Selon une étude de la banque néerlandaise Rabobank, le Brésil devra faire face dans les prochaines années à une forte compétition sur sa production de maïs entre l’alimentation animale intérieure et ses exportations. Une situation qui risque de créer des tensions sur le marché international et de compromettre la position de 3e producteur mondial de ce pays.

Face à une production animale en pleine expansion, le Brésil rencontrera bientôt un déficit de sa production de maïs, selon un rapport de Rabobank paru le 3 janvier dernier. La banque néerlandaise estime en effet sous les 2Mt le stock de maïs de fin de campagne en 2015. Une estimation qui provient non seulement de l’augmentation de la population mondiale, et donc de la consommation humaine, mais aussi d’un enrichissement des populations et donc d’une évolution du régime alimentaire vers une consommation accrue de viande. Selon l’OCDE et la FAO, la consommation mondiale de volaille, porc et bœuf devrait en effet augmenter de 9% en 5 ans, passant ainsi de 265Mt à 290Mt en 2015. Selon Rabobank, les exports de volaille devraient ainsi augmenter de 4% par an pendant 5 ans, et de 3% pour les porcs. La demande intérieure, elle, augmenterait respectivement de 3 et 2% par an. Cette hausse de la consommation et de la production nécessiterait donc l’incorporation de 3,3Mt de maïs supplémentaire pour l’alimentation volaille, et d’1,6Mt pour l’alimentation porc d’ici 2015. Plus modérée, une consommation supplémentaire de 0,77Mt pour les bovins viande et de 0,19Mt pour les bovins lait est également attendue. Enfin le secteur des œufs au Brésil connaîtra une hausse de la consommation de l’ordre de 7% par an sur 5 ans, selon le Brazil Egg Institute. Ramenée à seulement 3% par Rabobank, cette hausse nécessiterait l’élevage de 16,5 millions de poules pondeuses supplémentaires, soit une consommation de l’ordre de 0,36Mt.

Un risque d’inflation sous la pression de l’alimentation animale

Avec 6,2Mt de maïs supplémentaires simplement destinés à l’alimentation animale d’ici 2015, l’utilisation dans l’élevage atteindra les 47Mt, soit 15,5% de plus que les 40,7Mt de 2010/2011 (qui représentait déjà 70% de la production national). Le stock de fin de campagne devrait donc diminuer de 7 Mt à peu près par an, estime l’étude de Rabobank. Cette diminution rendrait alors la compétition entre les exportations et le marché intérieur de plus en plus forte. A l’heure où la sécheresse en Amérique du Sud gonfle les prix des céréales, l’influence de la production brésilienne sur les cours mondiaux n’est plus à prouver, et la perspective d’une baisse du stock final ne ferait qu’amplifier la volatilité des cours de céréales. Le Brésil devra donc augmenter ses rendements et son assolement maïs afin de maintenir, non seulement sa place de 3e producteur mondial, mais aussi la stabilité des prix du maïs sur le marché international, selon l’étude de Rabobank. La production de maïs brésilien représente en effet 6,7% de la production mondiale sur la campagne 2010/2011, avec 57,5Mt récoltés sur cette période. Pourtant, malgré ces enjeux annoncés par la banque d’affaire néerlandaise, les agriculteurs brésiliens se détournent encore de la graine au profit du soja qui présente une rentabilité encore supérieure, du fait des prix à l’export, mais surtout des financements avantageux de l’Etat.

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