L'alimentation et les bioressources figurent parmi les neuf solutions industrielles annoncées le 18 mai à Nantes par le ministre de l'Économie Emmanuel Macron pour réindustrialiser la France. Dans les deux branches, un calendrier d'actions est annoncé. Ces neuf solutions sont la nouvelle version du programme de réindustrialisation de la France lancé par le précédent ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg.
Sur neuf solutions industrielles annoncées le 18 mai à Nantes par le ministre de l'Économie Emmanuel Macron dans son programme « Industrie du futur », deux concernent l'agriculture : l'alimentation et les bioressources. Ces neuf solutions industrielles sont la contraction des 34 priorités industrielles Arnaud Montebourg. Elles bénéficieront de l'appui de « comités stratégiques de filière ».
Alimentation : moderniser les abattoirs et se lancer dans l'alimentation fonctionnelle
Pour l'alimentation, l'objectif identifié par Bercy est notamment de « reconquérir la compétitivité des métiers de la viande » et « d'ouvrir le marché de l'alimentation fonctionnelle » (aliments qui sont non seulement bons sur le plan nutritionnel mais qui contiennent des éléments améliorants pour la santé). L'objectif est également de développer une industrie de référence au niveau mondial « dans les domaines d'avenir où la France dispose d'une recherche d'excellence », tels que les ferments et les protéines. Le chef de projet de la filière alimentaire est Jean-Philippe Girard, p.-d.g. d'Eurogerm et président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania).
Dans ce domaine de l'alimentation, le calendrier fixe à l'automne prochain le lancement avec le soutien de l'État de plusieurs projets de modernisation d'abattoirs et le lancement de 5 à 10 projets d'alimentation fonctionnelle.
Bioressources : l'achat de produits biosourcés dans les commandes publiques
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Pour les bioressources, l'objectif est de doubler d'ici 2020 le volume de matières premières d'origine végétale dans l'industrie chimique en France et de créer 5 000 emplois directs à l'horizon 2020 dans les nouvelles filières de chimie verte et de biocarburants. Un des deux chefs de projet de cette filière est Pascal Barthélémy, directeur général adjoint de l'Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (IFPEN).
Le calendrier fixe à cet été le financement de « 4 à 5 projets emblématiques dans le domaine de la chimie verte et des ressources biosourcées » et la présentation de pistes d'évolution de la réglementation pour le soutien du développement du marché des biocarburants. Le calendrier propose pour l'hiver prochain un dispositif pour soutenir le développement des produits biosourcés en favorisant leur achat dans le cadre des marchés publics. Rappelons à ce propos qu'aux États-Unis l'administration est tenue, dans ses commandes, d'acheter le maximum de fournitures biosourcées, afin d'amorcer le marché des bioproduits.
Les sept autres solutions « d'industrie du futur » sont l'économie des données, la mobilité écologique, les transports de demain, la médecine du futur, la ville durable, les objets intelligents et la confiance numérique.
L'ambition du gouvernement « bénéficie déjà du soutien et de la grande mobilisation des organisations du secteur » alimentaire, a commenté l'Ania le 19 mai. En effet, « près de 530 projets ont été proposés par les entreprises et les appels à financement ont été lancés par BPI France sur l'alimentation fonctionnelle, FranceAgriMer sur la compétitivité des entreprises de la filière viande et l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) sur les emballages et le froid durable. « La nouvelle dynamique industrielle autour de l'alimentation est donc déjà initiée », a précisé l'Ania, qui salue « l'ambition, les objectifs et les priorités définis par le gouvernement en vue de moderniser l'outil industriel français ».