Le 28 mars, les sénateurs ont présenté un rapport d’information sur les moyens de la politique de sécurité sanitaire des aliments. Si la France reste une référence en la matière, soixante et une recommandations d’amélioration ont tout de même été formulées.
La qualité sanitaire de l’alimentation française est une référence, selon le Sénat qui présentait un rapport sur cette question à Paris, le 28 mars. C’est d’ailleurs un argument commercial qui a fait ses preuves lors de l’implantation de l’usine de lait en poudre du géant chinois Synutra à Carhaix inaugurée début 2016, selon le sénateur Yannick Botrel. Son collègue Alain Houpert ajoute que « la France serait en avance s’il existait une agence de notation des pays (européens) au regard de la sécurité sanitaire des aliments ». En outre, le gouvernement actuel a mis fin à l’hémorragie des effectifs dédiés à la sécurité sanitaire et à la qualité de l’alimentation, entre 2007 et 2012. Plus récemment, cette mission a bénéficié de moyens publics revus à la hausse : 509 M€ en 2017 par rapport à 488 M€ en 2016.
Des différences selon les territoires
Rien n’est acquis cependant. Soixante et une recommandations ont été formulées par les sénateurs pour améliorer la politique de sécurité sanitaire. De fait, il subsiste « des trous dans la raquette de tennis » comme le concluent les parlementaires. Les moyens mis en œuvre sont très différents selon les territoires. Après une année 2016 sous le signe de crises sanitaires « d’envergure », selon les termes du ministère de l’Agriculture, les sénateurs craignent leur augmentation dans les « déserts vétérinaires ». Ils appellent donc à lutter contre cette désertification. En outre, il y a des différences entre les filières animales et végétales. Depuis trois ans, l’État et les professionnels ont fait un effort sur les contrôles dans les abattoirs. Mais Alain Houpert remarque que « dans le domaine des végétaux, c’est insuffisant ».
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Une organisation « complexe »
Des efforts doivent aussi porter sur l’organisation même de la sécurité sanitaire de l’alimentation. Elle est jugée « complexe ». Pour plusieurs raisons, la principale étant qu’elle est gérée par plusieurs établissements (ministères, Anses, DGCCRF…). Les sénateurs appellent à une « réunion des moyens de la politique de sécurité sanitaire des aliments dans une agence publique ». En outre, l’échelon européen n’est pas exempt de reproches. Alain Houpert affirme que « l’Europe doit exercer davantage de contrôles », notamment sur les importations de végétaux. Dans les prochains mois, les sénateurs entendent auditionner les ministres du prochain gouvernement concernés par ces questions.
A. Houpert : « L’Europe doit exercer davantage de contrôles ».