Une étude de l’Inra et l’Afssa met en évidence que les Français sont relativement peu exposés, par leur alimentation, aux contaminations par les mycotoxines, les minéraux, les oligoéléments et les éléments toxiques. L’étude révèle tout de même que les enfants et les végétariens sont davantage exposés que le reste de la population, au niveau des mycotoxines, car ils sont plus gros consommateurs de céréales.
L’Inra, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et la Direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture viennent de publier l’étude «Métarisk» sur l’exposition aux mycotoxines, minéraux et éléments traces dans l’alimentation française «telle que consommée», c’est-à-dire après préparation et cuisson. Cette méthodologie, qui repose sur une enquête auprès de 3 000 personnes, enfants et adultes représentatifs de la population française, permettra des comparaisons internationales.
Mycotoxines : un risque pour les végétariens
Les conclusions soulignent que le niveau de contamination observé au regard de la réglementation est globalement satisfaisant. Concernant les mycotoxines, certains dépassements sont tout de même constatés pour les enfants et les végétariens, qui consomment davantage de céréales. Ainsi, sur 238 échantillons d’aliments étudiés, 13 % des produits analysés présentent des niveaux de contamination supérieurs à la limite de détection du déoxynivalénol (DON) une mycotoxine de la famille des trichothécènes produite par des champignons du genre Fusarium. Il s’agit pour l’essentiel de produits céréaliers. L’étude montre que la proportion d’individus dont l’apport théorique en DON dépasse la dose journalière tolérable est estimée à 0,4 % chez les adultes, à 4 % chez les enfants et de l’ordre de 4-5 % chez les populations végétariennes. Les chiffres sont de 3,8 % pour le groupe végétaliens et macrobiotes (consommateurs de cuisine macrobiotique) et 0 % pour les autres consommateurs concernant le nivalénol (NIV), une autre mycotoxine produite par des champignons du genre Fusarium. L’exposition à la zéaralénone, que l’on retrouve surtout dans des céréales du petit déjeuner, est plus forte pour les végétaliens ou macrobiotes. Pour ce groupe, la proportion d’individus dont l’apport théorique en zéraléone dépasse la dose journalière tolérable est alors estimée à entre 8 et 31 %. Pour les autres mycotoxines, notamment les fuminosines qui sont des contaminants naturels du maïs et produits à base de maïs, l’étude n’a pas mis en évidence de problème particulier.
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Trop de sel et pas assez de calcium
Concernant les minéraux, les oligoéléments et les éléments toxiques, l’étude montre que les expositions sont, là aussi, globalement faibles, sauf pour certains groupes de population, par exemple le mercure pour les gros consommateurs de poisson. La proportion d’individus dont l’apport théorique dépasse la dose hebdomadaire tolérable provisoire (DHTP) établie pour le mercure et le méthylmercure est de 0 % pour les adultes mais de 0,5-1 % pour les enfants. Pour les autres éléments toxiques (aluminium, antimoine, arsenic, cadmium et plomb), toutes les valeurs sont à 0 %. Quant aux minéraux et oligoéléments, l’étude vient confirmer ce que martèle l’Afssa : une absorption excessive de sel (sodium) dans l’alimentation des Français. Le dépassement de la limite de sécurité est estimé entre 8 et 13 % pour les adultes et entre 3,5 et 5 % pour les enfants. Des légers dépassements sont aussi mesurés pour le molybdène (0,5 %) et le zinc (0,2 %). En fait, pour un certain nombre d’oligoéléments, le risque porte davantage sur une carence dans l’alimentation plutôt qu’un excès. C’est le cas pour le calcium, où 9 % des adultes et 4 % des enfants ont une consommation en calcium inférieure à l’apport nutritionnel minimum. C’est aussi le cas pour le cuivre (7 % des adultes), le magnésium (7 % des adultes et 1 % des enfants) et le zinc (3 % des adultes et 1 % des enfants).