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UE/Russie L’Allemagne confiante dans sa capacité à apaiser les tensions avec Moscou

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La chancelière allemande Angela Merkel, à quelques semaines du début de sa présidence de l’UE, s’est montrée confiante sur les possibilités de trouver une issue rapide au différend entre la Pologne et la Russie. « J’ai l’impression que les difficultés (…) à propos du commerce de la viande seront écartées dans un futur proche », a-t-elle confié, espérant ainsi pouvoir lancer les négociations en vue d’un accord de partenariat avec Moscou.

Malgré l’annonce par les autorités russes de leur intention de négocier des accords séparés sur l’importation de viande en provenance des pays de l’UE, la chancelière allemande estime que la voie sera rapidement dégagée pour que l’Europe soit en mesure de lancer la négociation d’un vaste accord de partenariat économique avec la Russie. Sans dévoiler comment elle compte déminer le terrain diplomatique avant d’entamer ces pourparlers, Mme Merkel ne semble pas s’inquiéter outre-mesure des tensions entre la Russie et la Pologne qui ont déjà fait échouer le lancement des discussions fin novembre.

Varsovie, dont le secteur agroalimentaire est privé de ses débouchés vers la Russie depuis de nombreux mois, s’est dit prêt à lever son veto sur le lancement des discussions à condition que Moscou s’engage à lever l’embargo dans un délai de 50 jours. Mais « si la Russie ne fait pas un pas, nous maintiendrons notre veto sur le début des négociations », a prévenu la ministre polonaise des Affaires étrangères, Anna Fotyga.

Semer la zizanie

L’optimisme de la chancelière allemande ne semble pas aller de pair avec un signe de bonne volonté de la part des Russes qui, au contraire, tentent de diviser les Européens. Le 11 décembre, le chef des services vétérinaires russes Sergueï Dankvert a, une nouvelle fois, fait planer la menace d’un embargo généralisé sur la viande européenne à partir de la date d’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie, le 1er janvier prochain. « Parce que l’Union européenne ne peut pas garantir la sécurité de la viande importée en Russie après l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, nous avons pris la décision de mener des négociations avec les représentants des services vétérinaires de chaque pays séparément », a expliqué M. Dankvert qui a indiqué avoir entamé des discussions avec la France, l’Irlande, l’Italie et l’Allemagne.

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« De telles déclarations montrent qu’il n’y a pas la volonté politique pour trouver une solution », a rétorqué la Commission de Bruxelles. « Nous rappelons aux Etats membres qu’ils ne sont pas en mesure de donner des garanties qui ne soient pas pleinement conformes au droit communautaire, dans des domaines qui sont régis par la Communauté », a insisté un porte-parole de l’exécutif européen.

Rappel de la réglementation

Dans le même temps, Bruxelles multiplie les signaux en direction de Moscou. La Commission a soumis aux experts vétérinaires des Vingt-cinq des mesures qui confirment la réglementation communautaire déjà en vigueur. Au terme de leur réunion du 11 décembre, les experts de l’UE ont souligné que la commercialisation par la Bulgarie et la Roumanie de produits qui ne respectent pas les normes européennes, après l’adhésion de ces deux pays, ne sera pas autorisée dans les autres pays de l’Union. Les produits d’origine animale importés de pays tiers par la Roumanie et la Bulgarie et qui ne respectent pas les normes européennes ne pourront pas être exportés vers un autre pays de la Communauté. L’utilisation de ces produits importés ne sera pas autorisée pour les usines ayant le droit d’exporter vers les autres pays membres.