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Lutte contre la crise L’Allemagne lance son programme d’aide agricole

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Le programme d’aide agricole annoncé en novembre 2009 par Ilse Aigner, la ministre fédérale de l’Agriculture, a été incorporé au projet de loi de finance fédéral. Cette aide, qui atteint 750 millions d’euros sur deux ans, viendra en aide aux exploitants agricoles allemands dont les revenus ne cessent de baisser depuis le début de la crise agricole qui touche l’Europe. Il contient plusieurs volets dont des primes à l’herbe et à la vache afin d’aider le secteur laitier dont les revenus ont enregistré une baisse de 45% en 2009. Pris comme référence par l’industrie laitière française du fait de leurs prix, les agriculteurs allemands sont, eux aussi, en grande difficulté économique que l’Etat cherche à compenser.

Le 24 novembre 2009, Ilse Aigner, la ministre fédérale de l’Agriculture, avait annoncé la mise en place d’un plan d’aide agricole, suite à la profonde crise connue par les exploitants agricoles. Incorporé dans le projet de loi de finance fédéral pour 2010, il commence tout juste à être appliqué. Le montant de ce plan est de 750 millions d’euros sur une durée de deux ans. Il se compose de 500 millions d’aides pour les surfaces en herbes, 200 millions pour alléger les cotisations d’assurance accident, et 50 millions d’aides aux liquidités. La « prime à l’herbe » sera amorcée à la mi-2010 et s’élèvera à 37 euros par hectare. Elle s’accompagnera d’une prime à la vache de l’ordre de 20 euros par animal. Ces mesures seront assorties d’une diminution de 45% des cotisations accidents pour les années 2010 et 2011. Cette annonce avait reçu un accueil mitigé de la part des principaux syndicats agricoles. La fédération des agriculteurs allemands (DBV) s’était réjouie de l’adoption d’un tel plan tout en se montrant critique vis-à-vis du délai dans lequel sera payée la prime à la vache. Le syndicat laitier BDM avait quant à lui souligné que ce programme ne résoudrait pas les problèmes que connaissent les exploitants agricoles allemands. Il demande en priorité à l’Etat de racheter les quotas laitiers afin de faire baisser les volumes et donc le surplus.

Revenus en baisse de 24%
Cette réponse conjoncturelle vient soutenir les agriculteurs allemands qui connaissent une situation difficile. En effet, le DBV a constaté une baisse de 24% des revenus des agriculteurs allemands pendant l’exercice 2008/2009. Il est passé de 45 415 euros en 2007/2008 à 34 404 euros en 2008/2009. Tous les secteurs agricoles ne sont pas touchés de la même façon et le DBV souligne que les exploitations de cultures ont connu un recul de 18 % alors que ce chiffre atteint 45% en ce qui concerne les exploitations laitières. Au niveau de chaque Länder également, les chiffres varient. La Bavière enregistre une baisse forte du revenu de ses exploitants agricoles du fait de l’importance du secteur laitier. Seuls les éleveurs de volailles et de porcs enregistrent une hausse de leurs résultats.

Rapport de force
Cela est dû à la baisse des prix à la production plus importante que celle concernant la consommation, une spirale à la baisse induite par la grande distribution qui se compose de 5 grands distributeurs se partageant, par exemple, 80% du marché du lait. Les laiteries sont obligées d’accepter les prix de la grande distribution afin de ne pas perdre de parts de marchés, et ce, au détriment des prix payés aux producteurs. En Allemagne, il n’existe pas encore de contractualisation du prix entre producteurs et laiteries. Dans le futur, il sera nécessaire de repenser cette organisation pour instaurer de meilleures relations entre ces deux acteurs et éviter les variations des prix du lait. L’AMI, organisme de suivi des prix, estimait le prix du lait à 23 centimes par litre en avril 2009. Le 29 mai 2009, les ministres de l’Agriculture des länders s’étaient réunis afin de mettre en place des aides pour assister le secteur laitier, dans le cadre du plan de développement rural. Cela s’était traduit par des relèvements du plafond des aides ICHN à 200 euros par hectare, une augmentation des aides aux investissements pour les éleveurs laitiers, et une plus grande participation de l’Etat dans le cofinancement des investissements concernant l’élevage aux normes de l’ordre de 30 à 35%, ainsi qu’un allégement des taxes sur le diesel.

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