Les entreprises alsaciennes agroalimentaires ou non alimentaires, peuvent désormais prétendre utiliser une signature identitaire commune à condition de remplir les exigences environnementales, sociales et économiques d’une charte. Les promoteurs de ce signe espèrent stimuler le réflexe d’achat de produits alsaciens par les consommateurs.
Deux-cent-cinquante acteurs économiques d’horizons divers participent ce 7 octobre à Strasbourg au forum « Signé Alsace ». Ils y sont invités à des carrefours de réflexion et à découvrir un logo qui affirme : « L’Alsace signe l’art et la manière ». Apposée sur les produits, cette signature garantira au consommateur que leurs fabricants respectent les valeurs du développement durable. L’initiative s’adresse à des entreprises qui produisent de la valeur ajoutée en Alsace dans des secteurs aussi variés que l’industrie, l’artisanat, les services, le tourisme et l’agro-alimentaire. « Si l’objectif est de créer une dynamique économique et collective, il s’agit à la base d’une démarche individuelle de l’entreprise », indique Pascal Jan, directeur d’Alsace qualité, l’association de soutien aux industries agroalimentaires à l’origine du projet. Autant dire qu’avant de pouvoir arborer le logo, l’entreprise devra adhérer à une charte et concrètement montrer qu’elle se préoccupe de la protection de l’environnement (gestion de ses emballages et de ses déchets notamment), de la sécurité de ses salariés, de la valorisation du savoir-faire régional et qu’elle réinvestit une partie de ses bénéfices sur place. « Une enquête menée en 2003 a montré la pertinence des valeurs de la charte pour 80 % des 600 personnes interrogées », complète Pascal Jan. Des audits menés par un organisme indépendant seront régulièrement programmés. Un comité stratégique d’orientation et de validation définira les lignes d’action.
Passer à la dimension nationale et internationale
Ce concept de reconnaissance identitaire dit clairement vouloir dans un premier temps « reconquérir l’acheteur alsacien ». 2005 devrait être une année d’adhésion des entreprises et d’une communication initiale sur le concept en direction du public régional. Le passage à une dimension nationale puis internationale, est programmé en 2006 et 2007. Le budget sera assuré par les entreprises qui paieront une cotisation de 500 euros par an Montants indicatifs et un forfait annuel progressif de 500 à 3 000 euros (1) en fonction du nombre de salariés, et par des aides, notamment le soutien du Conseil régional d’Alsace. L’idée est de profiter d’une synergie multi-sectorielle pour décupler l’impact du nouveau logo.
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L’agroalimentaire fournit le gros du contingent de la cinquantaine d’entreprises susceptibles de se rassembler rapidement sous cette nouvelle bannière. Les produits alimentaires potentiels à même de porter cette signature sont ceux qui comme la choucroute, les pâtes, les vins AOC ou la volaille label rouge, peuvent déjà se targuer de respecter un cahier des charges. « La signature n’est pas en premier un signe de qualité. Elle induit néanmoins que le produit équivaut à une qualité certaine », précise Pascal Jan. Le charcutier Stoeffler (80 millions de chiffre d’affaires avec 360 salariés) présente le profil de l’adhérent potentiel. S’il franchit le pas, Gérard Laloi, son directeur général, n’en attend pas « une nouvelle étape commerciale, mais plutôt un gain d’image. Stoeffler apparaîtra comme une entreprise citoyenne, ce qui peut être un avantage pour attirer les jeunes à exercer le métier ».