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Investissement L’analyse d’un investisseur en Bourse sur l’agriculture

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Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 23 mars, le fonds Pictet Agriculture, Sicav créée en 2009 et régie par la loi luxembourgeoise, a présenté sa stratégie d’investissement en agriculture. Le fonds investit dans les sociétés entourant les activités agricoles, des facteurs de production, à la logistique, en passant par la production elle-même. A l’occasion de cette conférence, le fonds Pictet Agriculture a présenté les enjeux et perspectives des investissements dans le secteur agricole.

«En matière d’investissements dans l’agriculture, les moteurs de la croissance sont liés à l’accroissement de la population mondiale dont le régime alimentaire se porte davantage sur les produits carnés et à l’expansion de la production d’agro-carburants », a indiqué Gertjan van der Geer, gérant senior au sein de l’unité fonds sectoriels et thématiques chez Pictet, lors d’une conférence de presse le 23 mars à Paris. Il a expliqué que le fonds Pictet Agriculture investit sur « les solutions » – hausse de la production agricole mondiale – plutôt que « les problèmes » – spéculation sur les matières premières alimentaires.

Une stratégie basée sur l’investissement dans l’amont agricole
Les investissements de Pictet portent sur les facteurs de production agricole, les exploitations ou terrains agricoles, ainsi que sur les prestataires de services en agriculture. « Lorsque les prix agricoles montent, les investissements de Pictet se déplacent vers l’amont, c’est-à-dire les facteurs de production, et lorsqu’ils baissent, le fonds se concentre sur l’aval au niveau des prestataires de services », a expliqué Gertjan van der Geer. Pour lui, « les drivers » du secteur agricole sont stables depuis longtemps. « En effet, les gens ne mangent pas moins en cas de récession, ou seulement si les prix atteignent des niveaux particulièrement hauts », a indiqué Gertjan van der Geer. Selon lui, la hausse des consommations de viande en Asie et en Amérique du sud est un facteur de soutien de la demande mondiale en produits agricoles. De plus, la hausse de l’utilisation du maïs dans les productions d’éthanol promet aussi de belles performances pour le fond Pictet Agriculture, dont les encours actuels avoisinent les 260M€.

Opportunités d’investissement dans l’agriculture
« Des pays comme l’Inde n’utilisent quasiment pas de produits de protection des plantes ce qui les expose à de forts risques de pertes sur les cultures », a indiqué Gertjan van der Geer. Selon lui, la modernisation de l’agriculture dans les pays émergents, comme l’Inde ou la Chine, promet de la croissance aux entreprises qui fournissent les moyens de production, mécanisation et intrants, et des services, logistique et stockage, aux exploitations agricoles. « La fragmentation des marchés dans ces pays est aussi un gage de croissance », selon Gertjan van der Geer. Pour lui, l’exemple du marché du porc illustre bien ces perspectives de croissance. Aux Etats-Unis, 70% du marché sont tenus par quatre opérateurs. Une concentration qui s’est réalisée sur les trente dernières années entrainant un plafonnement de la valeur des actions de ces entreprises de production de porc. En revanche, le marché chinois, encore très fragmenté, offre de bonnes perspectives de croissance et de performance des opérateurs, lorsqu’il se concentrera sur les prochaines années.

Des critères spécifiques pour l’investissement
« L’efficience dans l’utilisation des ressources est un critères d’évaluation de l’intérêt des investissements », a expliqué Gertjan van der Geer. Selon lui, il faut privilégier une exposition à l’agriculture et minimiser les pertes liées à la transformation. Pour ce faire, le fonds Pictet Agriculture investit davantage sur les cultures et plantations et moins sur les produits transformés ou nécessitant de nombreuses consommations intermédiaires. Ainsi, les investissements les moins soutenus sont ceux liés aux élevages de bovins intensifs qui sont les activités qui valorisent le moins bien les intrants de céréales. De plus, Gertjan van der Geer a expliqué que les risques d’effets de ciseaux liés à une hausse des prix des céréales ne se répercutant pas simultanément sur les cours de la viande sont aussi pris en compte par Pictet Agriculture pour minimiser l’ampleur de ses positions dans l’élevage. Enfin, selon Gertjan van der Geer, les investissements portant sur des secteurs comme l’aquaculture, notamment en Asie où la consommation de protéines animales progresse, la canne au Brésil, en raison de la hausse de la demande mondiale en sucre et en éthanol, ou le foncier, devraient connaître de bons résultats sur les prochaines années.

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