Réduire d'un tiers les déchets alimentaires à l'horizon de 2025 : telle est l'ambition affichée par un projet de recherche européen qui vient d'être lancé. Financé par l'UE, le projet de recherche Refresh (Resource Efficient Food and dRink for the Entire Supply cHain) regroupe 26 partenaires originaires de 12 pays européens et de la Chine. Les travaux de recherche se dérouleront de l'automne 2015 à l'été 2019.
Près de 100 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année dans l'UE et si l'on ne fait rien pour changer cette situation, les déchets alimentaires pourraient atteindre plus de 120 millions de tonnes à l'horizon 2020. C'est sur la base de ces constats que la Commission européenne a décidé de financer à hauteur de 9 millions d'euros le projet de recherche Refresh (Resource Efficient Food and dRink for the Entire Supply cHain) dont le but global est de contribuer de façon significative à l'objectif de réduction du gaspillage alimentaire dans l'UE de 30 % d'ici 2025.
Autrement dit, cela reviendrait à éviter de jeter à la poubelle entre 25 et 40 millions de tonnes de nourriture chaque année et d'économiser plusieurs dizaines de milliards d'euros. Pour atteindre cet objectif ambitieux, le projet Refresh proposera de mettre sur pied des accords stratégiques pour réduire le gaspillage alimentaire avec les gouvernements, les entreprises et les parties prenantes locales dans quatre pays pilotes (Espagne, Allemagne, Hongrie, Pays-Bas). Il s'agira aussi pour les promoteurs du projet de concevoir et de développer des innovations technologiques pour améliorer la valorisation des déchets alimentaires. Dirigé par l'Université de Wageningen (Pays-Bas), le projet de recherche Refresh regroupe des partenaires européens et chinois (grandes universités, instituts de recherche, entreprises privées, gouvernements, société civile et d'autres acteurs et parties prenantes). « Bio by Deloitte », un des leaders mondiaux de l'audit et des services, est le seul représentant français.
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Les participants au projet de recherche « Refresh » espèrent apporter une contribution importante à la réalisation de l'objectif de la politique européenne de la réduction des déchets alimentaires de 50 % d'ici 2030, y compris au niveau des consommateurs. Ils escomptent également une réduction des coûts de gestion des déchets et de l'impact sur l'environnement, y compris les émissions de gaz à effet de serre. Par leurs tra-vaux, ils espèrent aussi contribuer à une augmentation de la compétitivité de l'industrie agroalimentaire européenne et, en particulier les PME, à travers le développement d'applications innovantes pour les déchets alimentaires.
(1) Concept économique qui s'inscrit dans le cadre du développement durable et dont l'objectif est de produire des biens et des services tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, de l'eau et des sources d'énergie.
Le Parlement européen suit depuis plusieurs années le dossier des déchets alimentaires. Le 9 juillet 2015, il a une nouvelle fois tiré la sonnette d'alarme en adoptant une résolution dans laquelle il a pressé la Commission européenne de présenter au plus vite de nouvelles législations pour réduire la production de déchets alimentaires et mieux soutenir l'économie circulaire (1). Parmi les recommandations des élus européens figure la création dans les Etats membres de conventions permettant aux supermarchés de distribuer leurs invendus au secteur associatif. « L'Europe jette 90 millions de tonnes de nourriture par an alors que 20 millions d'Européens dépendent de l'aide alimentaire pour survivre. Nous sommes sur une pente dangereuse », avait alerté le socialiste belge Marc Tarabella. La pétition « Stop au gâchis alimentaire en Europe ! » avait récolté plus de 500 000 signatures en Europe pour inciter les eurodéputés à voter en ce sens, s'inspirant de son succès en France où une telle loi avait été adoptée en mai 2015. Le Parlement européen avait recommandé aussi de faire chuter, par rapport à 2014, les déchets alimentaires dans l'industrie et le commerce de 25 % d'ici 2030, ainsi que la consommation des ressources de 30 % d'ici à 2030. Des objectifs chiffrés et contraignants de recyclage devraient aussi être applicables au niveau européen. La nouvelle Commission européenne de Jean-Claude Juncker, de son côté, avait décidé de retirer une proposition législative sur l'économie circulaire de son programme de travail pour l'année 2015, tout en promettant une mise à jour de celles-ci dans les prochains mois. Les eurodéputés estiment qu'elle devrait s'inspirer des recommandations formulées dans la résolution du Parlement européen.