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Lancement en Guadeloupe du « premier sucre de canne bio d’Europe »

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L’unique usine sucrière de Guadeloupe a annoncé le lancement le 22 mai de la production du premier sucre de canne bio d’Europe, considéré comme une piste de relance de la filière de canne à sucre antillaise, en grande difficulté. « Depuis 2021, la sucrerie Gardel a lancé un programme de développement de la canne certifiée bio en Guadeloupe, pour en faire les premiers sucres (de canne) biologiques français et européens », a déclaré à l’AFP Nicolas Philippot, le directeur de l’usine. Pour cette première récolte, 84 hectares de parcelles appartenant à 34 planteurs doivent être coupés, soit 3 800 tonnes de cannes qui devraient déboucher sur environ 270 tonnes de sucre, vendues pour l’instant uniquement sur le marché local. Le broyage a commencé mercredi. « Notre objectif, c’est de produire en bio 10 % de la totalité de la sole cannière d’ici à 2035 », a précisé M. Philippot. Environ 400 000 tonnes de cannes sont broyées annuellement pour la production de sucre en Guadeloupe. La tonne de canne bio est payée par l’usinier 20 euros de plus que la canne non bio (achetée par l’usine entre 109 et 113 euros, selon une convention signée en 2023), afin notamment de compenser la main-d’œuvre supplémentaire imposée par l’absence d’herbicide. En 2016, deux tiers du sucre bio mondial étaient produits par l’Argentine, le Brésil et le Paraguay.

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En métropole, la coopérative La Fabrique a annoncé à l’automne qu’elle produit à partir de 2025 le premier sucre bio complet (non raffiné) à partir de betteraves dans sa micro-sucrerie d’Escaudœuvres (Nord). Quelques semaines plus tard, le groupe Tereos avait annoncé qu’il renonçait à collecter des betteraves bio sur 2024-2025, faute de débouchés. Un an après Cristal Union, Tereos avait annoncé sa première campagne de betterave biologique en 2019, sur 200 hectares avec une trentaine de producteurs.

20 €/t de plus que la canne non bio, achetée autour de 110 €/t