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L’ancien député Jean-Baptiste Moreau se lance dans les affaires publiques

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Dans un entretien exclusif accordé à Agra Presse, l’ancien député LREM Jean-Baptiste Moreau annonce sa reconversion dans le secteur des affaires publiques, aussi appelé lobbyisme.

Que devenez-vous depuis votre défaite aux dernières élections législatives ?

Je suis en cours de changement de vie professionnelle pour me lancer dans les affaires publiques. Je vais arrêter d’être agriculteur à titre principal. Cela ne signifie pas que je vais abandonner l’agriculture et la ruralité. Je continuerai à les défendre et à les promouvoir.

Lors de mon élection en 2017, j’avais réduit la voilure de mon exploitation et embauché un salarié. Ce salarié, Guillaume, est devenu mon associé il y a un an et demi. L’exploitation est aujourd’hui trop petite pour vivre à deux familles. Il faudrait que j’investisse, soit sur du foncier, soit sur un nouvel atelier, et à 46 ans je n’en ai plus la volonté.

J’avais aussi envie de passer à autre chose, seize ans après mon installation. Le retour sur la ferme m’a donné une impression de retour en arrière. Or je pense que je peux être plus utile à l’agriculture et la ruralité ailleurs que sur mon exploitation. Concrètement, je vais sans doute devenir associé non exploitant.

Avec qui allez-vous travailler ?

Depuis décembre, je regarde les possibilités. J’ai accepté une proposition du cabinet d’affaires publiques européen RPP, pour qui je suis consultant indépendant. Lorsque j’étais député, j’avais déjà organisé avec eux une conférence sur les politiques « One health » – ils travaillaient alors pour le compte du groupe de médecine vétérinaire MSD.

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Lobbyiste, ce n’est pas quelque chose de sale. Tous les secteurs le font, y compris les ONG, et souvent mieux que les agriculteurs. Un élu peut se faire un avis en fonction de ce qui lui est opposé, et c’est important que les entreprises puissent expliquer les conséquences des choix qu’ils prennent.

En étant à l'Assemblée nationale, je me suis rendu compte que les députés ne savent plus forcément comment fonctionnent les filières agricoles. Malgré leur ancrage territorial, les sujets agricoles sont souvent les moins connus à l’Assemblée et les plus soumis aux pressions des ONG environnementalistes. Et on ne peut plus se contenter de déverser des bennes à lisier, cela braque les élus.

Avez-vous fait une croix sur votre carrière politique ?

Aujourd’hui, je n’ai plus de rôle chez Renaissance, même à l’échelon départemental, pour ne pas braquer les projecteurs sur moi. Et je pense que c’est important que d’autres personnalités émergent pour pérenniser le mouvement après les mandats présidentiels d’Emmanuel Macron.

Mais je garde des contacts étroits, notamment à l’échelon national. J’ai vu le président en septembre. Il m’a dit qu’il comptait sur moi, et qu’il ne fallait pas que je m’éloigne trop. Cela fait aussi partie de la décision de choisir cette reconversion. Un retour n’est pas totalement exclu.