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Distribution L’Ania et la FCD estiment avoir stabilisé les marges arrière

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Victor Scherrer et Jérôme Bédier se sont félicités d'un premier bilan positif de la recommandation lancée par les organisations qu'ils président et qui aurait, selon eux, permis de modérer tant la hausse tarifaire, du côté des industriels, que la coopération commerciale, du côté des distributeurs.

 L’accord de recommandation entre la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) et l'Association nationale des industries alimentaires (ANIA) a permis de modérer les tarifs des industriels et de stabiliser les marges arrière des distributeurs, ont annoncé dans une conférence de presse commune, le 14 février dernier, le président de l'Ania, Victor Scherrer, et celui de la FCD, Jérôme Bédier. Selon eux, la hausse des tarifs a été limitée au-dessous de 2%, pour le « périmètre couvert par l’Ania », si l'on excepte les hausses liées à l'augmentation de matières premières ou autres facteurs incontournables, a précisé Jérôme Bédier.

Cette conférence de presse commune, dont l'objectif visait à faire état des bonnes relations entre les industriels alimentaires et la grande distribution, intervenait sur fond de polémique avec l'Institut de liaison et d'études sur la consommation (Ilec) au sujet la restitution aux consommateurs d’« avantages » à travers promotions, cartes de fidélité, tickets, etc.

« L'avantage consommateur est la seule zone de différenciation possible», a stipulé Jérôme Bédier. Les promotions, les tickets et cartes de fidélité, qui permettent d'offrir ces avantages consommateurs, ont constitué le cœur des discussions entre les organisations. Résultats, sur deux points qu'ils jugent « extrêmement importants », les industriels ont eu lieu de se féliciter qu'un accord ait été dégagé, a commenté Victor Scherrer : que l’argent versé au titre de la coopération commerciale représente bien une diminution de prix pour les consommateurs et que ces diminutions de prix concernent effectivement leurs propres produits. Les deux organisations ont même évoqué une « gestion partagée» des restitutions aux consommateurs. Les enseignes pourront également se différencier par le type de promotion offerte. En revanche, les prix à l'unité des produits de grandes marques devraient rester uniformes dans toutes les enseignes.

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« Nous sommes arrivés à freiner la machine qui s'était emballée, le système est maintenant orienté dans un sens tout à fait différent», s'est réjoui Victor Scherrer qui a reconnu « qu'il avait fallu un certain temps pour que les instructions redescendent vraiment au niveau des acheteurs et que les mauvaises habitudes s'estompent de part et d'autre. Ce qui s'est passé en 2003 nous rend optimiste sur le rééquilibrage pour 2004», a-t-il précisé. Le succès de la recommandation est tel, selon les présidents des deux organisations, que l'on a quelque peu l'impression qu'ils ne seraient pas fâchés que le secrétaire d’Etat au Commerce constate les bonnes pratiques mises en place par les professionnels et diffère la publication de sa circulaire d'interprétation de la loi Galland. « Une circulaire ne modifie pas le droit», a remarqué Jérôme Bédier. La FCD, d'ailleurs, ne cache pas les espoirs qu'elle nourrit de faire aboutir une action au niveau des institutions européennes visant à modifier certaines dispositions de cette loi. « C’est à nous de trouver des solutions, a précisé Victor Scherrer, ce n’est pas une circulaire qui va permettre d'organiser la gestion partagée des restitutions aux consommateurs. » En attendant, les deux organisations vont travailler sur deux chantiers : la préparation d'un accord sur un indicateur des « avantages consommateurs » (les restitutions aux consommateurs consenties par les industriels à travers le répertoire des opérations promotionnelles, les cartes de fidélité, les tickets, etc) et la préparation de bonnes conditions de négociations 2004.