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Conjoncture L’Ania insiste sur une réorientation importante des politiques économiques

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Chiffres à l’appui, l’Ania revient dans sa dernière note de conjoncture mensuelle sur les méfaits de la guerre des prix entre distributeurs depuis plusieurs années pour la filière alimentaire française.

À l’occasion de la publication de sa note de conjoncture mensuelle le 30 octobre, et à quelques heures de l’ouverture des négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs , l’Ania a réinsisté sur l’importance " de réformer la filière, fragilisée par 4 années consécutives de déflation liée à la guerre des prix et des promotions à laquelle se livrent quelques enseignes de la distribution". L’association a ainsi souligné que "pour les filières alimentaires, compétitivité, rentabilité, environnement et qualité pourraient être conciliés, au moyen notamment d’une réorientation importante des politiques économiques".

Or, s’appuyant sur les principaux enseignements et conclusions tirés des États généraux de l’alimentation, l’étude indique " qu’aucune politique publique ou instrument de régulation n’est réellement efficient à date" face à la volatilité des marchés et la pression sur les tarifs qui grève la rentabilité des agriculteurs et des industriels. Selon l’Ania, la destruction de valeur pour l’ensemble de la filière alimentaire (plus de 3 Mrd€), "n’aboutit qu’à un bénéfice marginal de 30 centimes d’euros par Français et par semaine". À l’inverse, pour les transformateurs de l’industrie alimentaire, la baisse est sans précédent, atteignant ainsi en 40 ans en 2017, le taux de marge atteint son plus bas niveau. "En 10 ans, le taux de marge du secteur agroalimentaire aura perdu 5 points, alors qu’il a gagné 2 points dans le reste de l’industrie manufacturière", rappelle l’Ania.

La France en retard sur ses partenaires européens

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Ainsi, l’association rappelle que la création de valeur passe "par un renforcement des conditions de compétitivité" et qu’il est nécessaire "de conduire une modernisation des outils et techniques de production ". La France accuse un retard d’investissement significatif au regard de ses partenaires européens, prévient encore l’association. De fait, sur les trois dernières années, l’investissement corporel en biens d’équipement (essentiellement installations techniques, matériel et outillage) recule de 2 % en France (-2 %). En revanche, l’investissement demeure très dynamique ailleurs, notamment en Allemagne où il a augmenté d’environ 50 % depuis 2013. "Dans l’ensemble, avec un écart de 55 %, le taux de robotisation français demeure notamment nettement inférieur au taux allemand (source : Cabinet Roland Berger)", indique encore la note de conjoncture.

Et chacun sait que récréer de la valeur au sein de la filière alimentaire française "permettrait de réenclencher le cercle vertueux de croissance (investissement, innovation, export, emploi)", conclut l’Ania.