Les industriels français de l’alimentation considèrent l’année 2007 comme déterminante dans le domaine de la santé et de la nutrition. Les échéances sont nombreuses, à commencer par la mise en œuvre imminente de l’obligation d’apposer des messages sanitaires sur les publicités, puis la signature par des professionnels de chartes d’amélioration nutritionnelle, sans compter l’application du règlement européen sur les allégations et les révisions en cours de la directive sur l’étiquetage nutritionnel. L’Ania a donc souhaité s’exprimer sans attendre sur ces principaux dossiers qui vont pourtant l'occuper pour longtemps .
Le décret contraignant les annonceurs du secteur alimentaire à apposer sur leurs publicités des messages sanitaires devrait être applicable dès sa parution attendue vers le 25 février, a indiqué Jean-René Buisson lors d’un point presse consacré aux problèmes de santé publique et de nutrition.
« Malgré les contraintes imposées par cette mesure et la conviction que son efficacité est très discutable », l’Ania a recommandé à toutes les entreprises concernées Tous les aliments et boissons sont concernés par le décret à l’exception des produits découpés ou bruts vendus sans ajouts(surgelés par exemple), des boissons sans aucune adjonction de sucres, sel ou édulcorants (thé, café, tisanes, chicorée, jus de fruit et lait) et –parce qu’elles sont déjà contraintes à d’autres messages – des boissons alcoolisées. de mettre en place de tels messages, cette solution apparaissant comme « plus responsabilisante que la taxation ». L’industrie alimentaire apparaîtra ainsi comme un véritable acteur dans les politiques de prévention, alors que, argumente le président Buisson, se soumettre de manière passive à la taxe de 1,5 % qui est prévue pour les contrevenants créerait un précédent trop commode pour combler les déficits sociaux et reviendrait à assimiler les aliments à des produits dangereux.
Surcoûts
Il reste que l’insertion des messages prescrits suscite deux types de réserves des industriels : une communication quelque peu « masochiste » et par trop répétitive peut-elle avoir un impact sur le consommateur ? le risque d’incohérence entre messages publicitaires et sanitaires ne va-t-il pas semer le doute ou s’avérer plus anxiogène qu’éducatif ? D’autre part, le surcoût et les délais de mise en œuvre de la mesure ne sont pas négligeables (de l’ordre de 8000 euros pour disposer des quatre copies de films passant à l’écran, plus les versions spécifiques enfant et presse jeunesse !).
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Pour des chartes collectives
Sur un autre dossier, celui du PNNS 2, l’Ania a pareillement choisi de jouer le partenariat avec les pouvoirs publics. Pour autant, aux chartes individuelles de quelques entreprises-phare que Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, appelait de ses vœux, Jean-René Buisson préfère des chartes d’engagements collectifs par branche qui impliqueront davantage tous les opérateurs en concurrence sur un même marché et éviteront les risques de dérives malsaines sur un plan purement marketing. L’Ania espère aplanir ce désaccord avec les pouvoirs publics à l’issue de la consultation qui a été demandée par les trois ministres concernés à un groupe d’experts réunis autour de Christian Babusiaux : l’ancien directeur de la DGCCRF, entouré de nutritionnistes, va dans des délais très brefs proposer une méthodologie et des référentiels sur lesquels il devra être possible de s’accorder. L’Ania ajoute que ces chartes que pourrait signer l’industrie n’auraient de sens et d’efficacité qu’en impliquant aussi des engagements des pouvoirs publics eux-mêmes, des associations de consommateurs et de la distribution. Et en ne se limitant pas à la composition des aliments pour aborder aussi l’éducation, la communication, etc.
En tout cas, au moment où doit être créé l’Observatoire de l’offre alimentaire, l’industrie promet son concours pour que celui-ci bénéficie, selon des règles de confidentialité à définir, de l’apport par les entreprises de toutes les informations utiles pour évaluer objectivement les améliorations apportées à la qualité des matières premières et à la composition nutritionnelle des aliments.