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L’Ania tire la sonnette d’alarme

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Dans sa dernière note de conjoncture, l’Ania tire la sonnette d’alarme sur la situation financière des industriels de l’agroalimentaire, pris en étau avec d’un côté la hausse du coût des matières premières et industrielles, et de l’autre la trop faible revalorisation tarifaire dans la GMS. Une situation qui pèse également sur la compétitivité des industries agroalimentaires françaises en France et à l’international.

L’Ania alerte sur la flambée du prix des matières premières et sur les fortes tensions d’approvisionnement, constatée à la sortie de la crise de la Covid-19 et qui dépassent le pic de 2008.  « Après 12 mois de hausses mensuelles consécutives, l’indice FAO des prix des produits alimentaires a atteint un niveau jamais vu depuis plus de 10 ans : +31 % en moyenne sur un an », indique l’association des industries alimentaires dans sa dernière note de conjoncture publiée le 8 juin. Et le prix des matières premières industrielles (métaux, plastiques, emballages…) flambe lui aussi. Une vraie problématique pour l’avenir des industriels, quand on sait que l’approvisionnement en matières premières représente leur premier poste de dépense, alors que la prise en compte de ce besoin tarifaire des fournisseurs par la grande distribution reste toujours compliquée à obtenir lors des négociations commerciales. Et l’Ania d’exposer clairement le problème. « La question liée à la souveraineté alimentaire reste suspendue à la prise en compte du besoin tarifaire des fournisseurs par la grande distribution. Si notre industrie est dans l’incapacité de répercuter de manière raisonnable une partie de ces inflations, nos ambitions communes pour une alimentation plus sûre, plus saine, plus durable et une meilleure rémunération de nos agriculteurs, sont en danger ! », estime-t-elle.

Depuis le printemps, l’Ania a lancé deux consultations auprès de ses adhérents pour connaître concrètement les conséquences exactes de ces aléas et obtenu près de 200 réponses d’entreprises de toutes tailles. Les entreprises alimentaires ont fait part d'« une hausse globale de 22 % du prix des matières premières qu’elles transforment », alors que s’agissant des matières premières industrielles, la hausse s’élève à 14 %.

Déflation persistante en GMS

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Pour réussir à s’en sortir, ces mêmes entreprises ont besoin d’être soutenues par la grande distribution, alors que le contexte de déflation persiste en GMS (-0,3 % en 2020 selon IRI). Les entreprises interrogées par l’Ania « remontent un besoin tarifaire de 9 % en moyenne toutes catégories confondues, ce qui traduit l’urgence de la situation », souligne l’Ania. Faute de quoi, la santé financière des entreprises alimentaires françaises et leur compétitivité est en péril. En 2021, leur taux de marge atteint son plus bas niveau historique et notre industrie agroalimentaire présente la plus faible rentabilité d’exploitation de toutes les industries alimentaires d’Europe.

L’Ania souligne que « l’alignement de l’inflation alimentaire à un niveau comparable à l’inflation globale (1,4 % en mai) se traduirait par un coût d’environ 2 euros par ménage et par mois, le poste alimentaire ne représentant plus que 10 % du budget global des ménages en 2021 ». Et surtout, l’association appelle « solennellement à la responsabilité de chacun pour que ce cri d’alerte reçu de la part de nos adhérents soit entendu par l’ensemble des acteurs de la chaîne et également les consommateurs ».