En 2008, les industriels de la viande se sont trouvé pris en tenaille entre la hausse des coûts de production et la baisse du pouvoir d’achat des ménages tandis que la consommation ne devrait pas reprendre en 2009. Néanmoins, pour Jean Chavel, directeur général du groupe Charal, la structuration de la filière française va permettre de peser face à la grande distribution. Cette meilleure organisation sera également indispensable pour conquérir de nouveaux marchés et résister aux exportateurs.
Dans son rapport annuel sur les marchés des produits laitiers, carnés et avicoles, l’Office de l’élevage prévoit dans le meilleur des cas un maintien de la consommation européenne de viande bovine en 2009 à son niveau de 2008. Parallèlement, la hausse de la production et le manque de débouchés à l’exportation pourraient également peser sur les prix. Les cours européens devraient donc connaître une baisse (de 2 à 3% sur l’année) surtout durant le premier semestre 2009. Mais les experts de l’Office de l’élevage laissent entrevoir une lueur d’espoir aux producteurs. Ils estiment que les entreprises pourraient recourir au stockage pour limiter l’offre et ainsi soutenir les prix à la production.
Charal veut aller au devant de son marché
2008 a été marquée par une baisse du pouvoir d’achat des ménages, et l’alimentation a été le premier poste sacrifié. Selon le panel TNS, la consommation de viande fraîche a reculé de 3,8% depuis le début de l’année. Mais pour Jean Chavel, directeur général du groupe Charal, « ce marché en régression n’est pas une fatalité ». « Il faut se mettre à la place du consommateur et lui proposer les produits dont il a besoin », souligne-t-il. Son entreprise devrait enregistrer en 2008 une hausse de 3% en volume de ses ventes de viande fraîche. Dans le contexte d’optimisation maximale des coûts de production, le rapprochement entre Bigard et Socopa (qui prend effet dès 2009) « va nous permettre de peser plus fortement dans les négociations face à la grande distribution », ajoute Jean Chavel.
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Se développer à l’export
Dans un marché français qui se rétracte, l’étranger constitue une des seules opportunités de croissance. « Un de nos objectifs est de nous développer sur les marchés à l’exportation,indique Jean Chavel. Seulement, la place est souvent déjà prise car, au moment de la crise de la vache folle, les marchés s’étaient renationalisés. De plus, la demande est très différente selon les pays ». « Nous nous y attaquons donc aujourd’hui de nouveau en commençant par le Bénélux, l’Italie l’Espagne, l’Allemagne et les pays de l’Est avec nos produits “snack” qui sont internationaux ». Le groupe Charal exporte l’intégralité de ses produits pour l’instant depuis la France, mais n’exclut pas à l’avenir de s’implanter sur place si la demande venait à progresser de manière importante.
Une annnée 2009 qui reste incertaine
Les prévisions du Gira Meat Club dans le secteur des viandes pour 2009 se montrent plus pessimistes. Cette agence de conseil, spécialisée dans l’agroalimentaire, prévoit dans son document annuel sur le marché des viandes une baisse du prix de la viande bovine en France en 2009 en raison de la faible demande et du report des consommateurs vers des viandes moins onéreuses. De plus les industriels allemands pourraient se renforcer dans les linéaires français et concurrencer les viandes françaises, notamment dans le hard discount, grâce à une main d’oeuvre bon marché et donc encore affaiblir la filière viande française.