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Betterave-sucre L’année de la réforme

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2005 a été pour le secteur betteravier l’année de la réforme du règlement sucre européen, et 2006 sera celle de sa première mise en œuvre. L’UE, jusque là exportateur majeur de sucre, va devoir limiter drastiquement ses exportations à 1,3 million de tonnes, alors qu’elle en exportait trois à quatre millions de tonnes annuellement.

Le nouveau règlement européen, qui régit l’organisation commune de marché du sucre, a été adopté à Bruxelles le 23 novembre. Découlant en grande partie de la condamnation de l’UE à l’OMC par un panel formé par le Brésil, l’Australie et la Thaïlande contre les exportations européennes, il entraînera une baisse du prix minimum de la betterave de 38% échelonnée sur quatre campagnes, à commencer par la campagne 2006/07. Cette baisse du prix sera compensée à 64,2% aux planteurs. Les exportations européennes subventionnées vers les pays tiers seront limitées à 1,273 million de tonnes, pour un montant de restitutions de 499,1 millions d’euros.

Semis : viser juste

Avec ces nouvelles données en main, quels emblavements pour 2006 ? Ce sera moins facile à déterminer que les autres années. Jusqu’alors, les betteraves hors quota servaient de variable d’ajustement. Or, du fait de la condamnation de l’UE à l’OMC, toute production de sucre hors quota sera reportée sur l’année suivante, ce qui obligera à une stricte prévision des surfaces de production. La Confédération générale des planteurs de betteraves demande à ses adhérents de viser une production rigoureusement égale au volume contractualisé avec les fabricants de sucre.

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Pour ce qui concerne la récolte 2005, la filière est satisfaite du rendement : 12 tonnes de sucre à l’hectare en moyenne. Les surfaces ont encore diminué (- 2,2%, à 340 000 hectares). Pour mémoire, elles étaient de l’ordre d’un demi-million d’hectares au début des années 1980. La production française de sucre de betterave s’est élevée à 4,1 millions de tonnes, contre 4,2 en 2004.

Le marché mondial, lui, se porte bien. Deux faibles années de production en Inde ainsi que le renforcement du real brésilien de 40% en un an et demi ont propulsé les cours du sucre blanc de 210 dollars la tonne sur le marché de Londres en janvier 2003 à 290 en août 2005. La forte demande d’éthanol au Brésil accapare une part croissante de la récolte de canne. Enfin, le retrait volontaire de l’UE du marché mondial est déjà anticipé par les opérateurs comme un facteur de hausse des cours à venir dans les prochains mois.