Dans un avis publié le 14 février, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) met en doute la pertinence des systèmes d’information nutritionnelle (SIN) destinés au consommateur, prévus par la loi Santé pour lutter contre certaines maladies chroniques (obésité, diabète, etc.) en France. "En l’état actuel des connaissances, la pertinence nutritionnelle dans une perspective de santé publique des SIN examinés n’est pas démontrée", indique ainsi l'agence. Cette dernière précise que "les systèmes étudiés, qui intègrent sans distinction et de façon imprécise les besoins spécifiques des différents groupes de population, ne prennent pas en compte l’ensemble des variables pertinentes au regard des enjeux de santé publique liés à l’alimentation".
L'Anses souligne même que l'effet des SIN sur le consommateur peut avoir "des résultats contrastés" et "de possibles effets contradictoires" susceptibles d'induire un comportement inapproprié. "Il n’existe aujourd’hui aucune donnée reliant directement la mise en place d’un SIN à des déterminants de santé", précise enfin l'agence qui estime que "la mise en œuvre d'un SIN pertinent apparaît donc comme une mesure d'accompagnement, dans le continuum nécessaire entre actions d'éducation, d'information et d'encadrement réglementaire".
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Rappelons que quatre systèmes d'étiquetage nutritionnel ont été testés grandeur nature auprès des consommateurs dans 40 supermarchés jusqu'à fin décembre et dont les résultats n'ont pas encore été publiés.
Le ministère de la Santé publiera "début avril" le décret définissant le système d'étiquetage choisi qui demeurera facultatif pour les industriels. Il appuiera son choix sur le rapport du comité de pilotage du test dans les supermarchés, attendu "mi-mars", ainsi que sur un nouvel avis de l'Anses, a ajouté le ministère.