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L'Anses juge peu pertinent l’étiquetage nutritionnel

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Dans son avis sur les systèmes d’information nutritionnelle (SIN) diffusé le 14 février, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) affirme que l’efficacité de ces étiquetages destinés à améliorer les comportements alimentaires des consommateurs est « incertaine ». Les SIN sont des formes visuelles (logos, couleurs, graphiques) proposant au consommateur une information nutritionnelle synthétique, imprimée sur la face avant des emballages. Une analyse importante à l’heure où un tel système est étudié et envisagé par les pouvoirs publics.

Les différents SIN existants « ne prennent pas en compte l’ensemble des variables pertinentes au regard des enjeux de santé publique liés à l’alimentation », estime l’Anses. La construction de ces SIN lui semble « peu pertinente au plan nutritionnel ». Ceux-ci pourraient même « biaiser l’information perçue par le consommateur » et « induire un comportement inapproprié ».

Action imprécise et effets contradictoires

La pertinence en matière de nutrition d’un SIN est entendue comme sa capacité à réduire l’incidence de pathologies d’une population par l’intermédiaire de ses effets sur les choix alimentaires, rappelle l’Anses. L’étiquetage nutritionnel devrait donc, au-delà d’un simple outil de diffusion d’information sur les caractéristiques nutritionnelles des produits, permettre au consommateur d’améliorer ses comportements alimentaires.

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Les experts ont identifié dans un premier temps les variables qui conditionnent la pertinence d’un SIN : les apports en nutriments ou en autres substances, l’énergie, le régime alimentaire pris dans sa globalité. Leur conclusion : ces systèmes « intègrent sans distinction et de façon imprécise » les besoins spécifiques des populations. Dans un second temps, la capacité des SIN à orienter le comportement du consommateur au regard des objectifs de santé publique n’est pas concluante. « Les travaux relatifs à l’effet de SIN sur le consommateur sont en nombre limité et présentent des résultats contrastés, tant sur des variables quantitatives (fréquences d’achat) que sur des variables qualitatives (compréhension de l’information et qualité nutritionnelle de l’achat) ». En outre, « de possibles effets contradictoires sont suggérés, tels des effets de halo (généralisation erronée à partir d’une seule caractéristique sans vérification) susceptibles de biaiser l’information » perçue par le consommateur et « d’induire un comportement inapproprié ».

« Il n’existe aujourd’hui aucune donnée reliant directement la mise en place d’un SIN à des déterminants de santé ». L’Anses conclut que la pertinence nutritionnelle des SIN examinés dans une perspective de santé publique n’est pas démontrée.

« Il n’existe aujourd’hui aucune donnée reliant directement la mise en place d’un SIN à des déterminants de santé »