Alors que le roquefort a acquis ses lettres de noblesse dès 1925, d’autres fromages, souvent plus petits et méconnus, sortent des cartons de l’INAO, qui étudie la possibilité de leur accorder le signe de qualité Appellation d’origine contrôlée. Ainsi que l’explique Jean-Charles Arnaud, président du Comité national Produits laitiers de l’INAO, cette distinction est un réel atout pour le produit, un moyen de protéger son nom, et d’offrir une garantie de qualité au consommateur. Malheureusement, par manque de communication sur le concept, le potentiel de l’AOC est sous-exploité. Le projet d’harmonisation des signes de qualité au niveau européen est une belle ambition, mais le risque de confusion entre trois signes dont les logos sont très proches mais les exigences très différentes, soulève l’inquiétude des professionnels du secteur.
A l’aide de fonds européens, le Cnaol (Conseil national des appellations d’origine laitières) communique depuis 2002 sur les AOC laitières, mais regrette que le logo européen qu’il tente de promouvoir n’ait pas encore remplacé le logo français.
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Pour les producteurs de fromage qui, à l’instar de la fromagerie Graindorge, ont fondé leur développement sur les AOC, la réforme européenne est un espoir. Mais pour assurer leur pérennité, ces fromageries se doivent de participer au mouvement de concentration et de modernisation, qui tente de rendre plus attrayants ces produits traditionnels.
L’aversion des Français au risque n’est pas une nouveauté. Rien d’étonnant donc à ce que 63 % d’entre eux accordent une priorité au critère de sécurité dans leurs achats de produits alimentaires. Ils craignent les composants artificiels et les OGM, alors, rien de très étonnant non plus à ce que, dans un contexte de crises alimentaires qu’ils jugent plus fréquentes, nos concitoyens accordent leur confiance avant tout aux labels (47% de bonnes opinions), plus qu’aux marques distributeurs (5%) ou même qu’aux produits de marque (12%), ainsi que le révèle la première étude de l’Observatoire des crises alimentaires Palomar/Opinion Way, effectuée en août dernier. Un constat qui devrait faire l’affaire des appellations d’origine. Si tant est qu’elles sont reconnues par le consommateur. Or comme le laisse entendre Jean-Charles Arnaud, président du Comité national Produits laitiers de l’INAO, le concept d’AOC souffre d’un manque de communication. Quant au niveau européen, il y a une belle ambition d’harmonisation, mais les différents signes de qualité ne sont pas suffisamment différenciés et le risque de confusion du consommateur est réel.