Créée en 2017, la Fédération française de l’aquaponie (FFDA) compte une trentaine de membres, selon son président Laurent Queffelec. « Tous ne sont pas producteurs : il y a aussi des architectes, des bureaux d’études ou encore des fournisseurs de matériels. »
Pour structurer la filière, la FFDA mène deux chantiers. Le premier consiste à définir son champ d’action pour organiser la partie production, car deux tendances aux intérêts potentiellement antagonistes s’affirment : les microfermes à enjeu « strictement local », et les structures « plus agroindustrielles » réalisant de gros investissements avec des objectifs de rentabilité élevée. « Je souhaite que les gens se parlent entre eux, et éventuellement puissent se défendre collectivement contre les distributeurs, ou faire valoir leurs points de vue auprès des institutions. Mais sûrement pas pour aller vers une structuration de filière, type intégration de l’amont et de l’aval tel que ça existe aujourd’hui dans l’agriculture, car il me semble que ce n’est pas forcément au bénéfice des agriculteurs », explique cet ancien éleveur de crevettes, installé en aquaponie dans le Cotentin depuis 2017.
Le deuxième et principal chantier de la FFDA est d’acquérir plus de visibilité auprès des pouvoirs publics pour faciliter l’obtention d’aides à l’installation. Car l’aquaponie relève à la fois de l’aquaculture – donc des aides du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), et de l’agriculture – donc du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER).
Or selon les régions, certains porteurs de projet obtiennent parfois l’une, l’autre, les deux, voire aucune aide. « C’est un peu au petit bonheur la chance selon la personne sur qui vous tombez dans le bureau instructeur duquel vous dépendez, ce qui complique l’accompagnement des porteurs de projets », lâche Laurent Queffelec. « Tous les ans de nombreux porteurs de projet jettent l’éponge à cause de ces difficultés administratives. »