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L'argentin Zoomagri accélère la reconnaissance des céréales

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Grâce à l'appareil de Zoomagri ressemblant à une photocopieuse, le collecteur peut identifier la variété de blé ou d'orge en 4 minutes. Crédits : © Zoomagri

La start-up argentine Zoomagri a mis au point une technologie permettant de reconnaitre en quelques minutes, une variété de céréales (blé, orge) via une photographie en haute définition. La praticité de cet appareil en fait son succès, qui se déploie aussi en France. En Argentine, il permet aussi d'identifier les blés OGM qui viennent d'être lancés cette campagne 2021-2022.

Créée il y a trois ans, la start-up argentine Zoomagri a développé une technologie qui permet de réduire drastiquement le temps d’identification variétale d’orge et de blé. Fonctionnant via l’analyse de photographies de grains en haute définition, ses machines livrent des résultats en 4 min, contre 4 à 5 jours avec des moyens classiques, selon les responsables de la société. Zoomagri aurait déjà vendu plus de 350 de ces appareils au format d’un scanner de bureau, dont une cinquantaine en France, grâce à un partenariat avec le laboratoire Secobra, formalisé en mars 2021. Outre son réseau et son expertise, Secobra apporte à Zoomagri une base de données fondamentale pour l’usage de son outil comparateur d’images.

Zoomagri déjà implanté dans 20 pays

Parmi les clients de Zoomagri, des acteurs de premier plan de la filière orge-malt, implantés dans 20 pays dans le monde. Le modèle économique choisi est celui de la location de la machine, assortie d’un abonnement payé au logiciel. Au delà de la détection de la variété, Zoomagri souhaite diversifier les services fournis, en analysant également la qualité. «  Dès la prochaine récolte d’orge française, annonce à Agra Presse le co-fondateur de Zoomagri, Fernando Martínez de Hoz, nous remettrons à nos clients un autre de nos produits qu’est ZoomSpex, lequel analyse les qualités physiques des grains. »
 

Identifier les blés OGM des blés non OGM en Argentine

En Argentine, l’activité de la start-up a été portée récemment par l’actualité, avec l’annonce de la première récolte d’ampleur de blé OGM dans le cadre d’essais en plein champ du semencier Bioceres, pour 250 000 tonnes. L’appareil de Zoomagri est donc employé par les exportateurs installés en Argentine pour garantir l’absence de blé OGM dans les lots, à un coût bien moindre que celui des tests ADN.  De fait, « tous les exportateurs de blé basés en Argentine utilisent aujourd’hui notre technologie pour éviter l’achat indésiré de ces variétés de blé OGM dites HB4 », assure Fernando Martínez de Hoz.

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L’appareil de Zoomagri ne détecte pas de trait génétique, mais reconnaît visuellement les deux seules variétés de blé OGM cultivées ces jours-ci en Argentine : IO 201 et IO 202, de Bioceres. Dans ce cas précis, le résultat est connu en 40 secondes. Il est complémentaire de tests ADN ou PCR qui doivent être réalisés en cas de résultat positif avec l’outil de Zoomagri. Le président de l’interprofession argentine du blé (Argentrigo), Miguel Cané, confirme que « la technologie de Zoomagri fonctionne bien dans les ports d’exportation de céréales, et chez les meuniers. Sa marge d’erreur est de 0,6% », précise-t-il.
 

Bientôt une nouvelle levée de fonds

Grâce à cette opportunité, Zoomagri analyse des échantillons sur 12 à 13 millions de tonnes devant être exportées cette année depuis l’Argentine. Et ce, juste après avoir levé, en août dernier, la somme de 3,3 millions de dollars auprès des fonds d’investissement référents de l’Ag-tech en Amérique du Sud et en Australie : SP Ventures, Artesian, GrainInnovate et Glocal. Zoomagri devait réaliser « une deuxième tournée de levées de fonds en échange de parts de son capital lors du premier semestre 2022 », glisse Martínez de Hoz.