Le nouveau président argentin, le libéral Mauricio Macri, a tenu ses promesses en annonçant le 14 décembre la suppression et la baisse des taxes à l’export de céréales et de soja, dont le pays est un des premiers producteurs mondiaux, entraînant une baisse des cours mondiaux des céréales.
« Je signerai le décret aujourd’hui », a déclaré le nouveau président de centre-droit devant des agriculteurs réunis à Pergamino, ville agricole au cœur des plaines fertiles de la Pampa, quelques jours après son investiture, le 10 décembre. « Les prélèvements sur le blé, le maïs et le sorgho seront nuls et, pour le soja, ils passeront de 35 % à 30 % », a précisé à la presse le ministre argentin de l’Agriculture, Ricardo Buryaile.
Jusque-là, les exportations argentines de blé et maïs étaient ponctionnées respectivement de 23 % et de 20 % par l’État argentin. L’Argentine est le troisième producteur et exportateur mondial de soja, après les États-Unis et le Brésil, et le N°1 mondial des produits transformés du soja (huile, farine). Le pays sud-américain rivalise avec l’Ukraine comme troisième exportateur de maïs et se situe au septième rang pour le blé.
Choc de l’offre
« Conjuguées à une probable dévaluation du peso, ces mesures devraient conférer une compétitivité très supérieure aux exportations agricoles argentines et débloquer les stocks en ferme (les agriculteurs détiendraient encore quelque 17 Mt de soja, 20 Mt de maïs et près de 10 Mt de blé de l’ancienne récolte) », selon une note de conjoncture de décembre de FranceAgriMer. « Il y a donc là un possible choc d’offre, dont les producteurs et les exportateurs du reste du monde se seraient bien passés », alors que les cours sont déjà en baisse en raison de l’abondance de la récolte mondiale.
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Et les déclarations du nouveau président, encourageant les producteurs à produire davantage, ne sont pas de nature à calmer les marchés. « Je sais qu’il est possible de doubler la production d’aliments en Argentine », a-t-il lancé le 14 décembre aux producteurs.
Les exportations agricoles sont une source de devises capitale pour l’Argentine, dont les réserves monétaires sont en baisse. Elles se situent actuellement sous la barre des 25 Mrd de dollars. De leur côté, les exportations agricoles devraient atteindre cette année 25 Mrd de dollars, soit un tiers du total des exportations de l’Argentine.
Une compétitivité accrue à l’export