Une résolution du Parlement européen sur les conséquences de l’élevage industriel de poulets réclame des inspections plus vigilantes sur le respect des règles de bien-être animal, un contrôle plus étroit sur l’utilisation des médicaments vétérinaires ainsi que la nécessité pour les viandes de volaille importées de pays tiers de se conformer à la législation de l’UE.
Considérant que la directive 2007/43 (sur les règles minimales relatives à la protection des poulets destinés à la production de viande) n’est pas appliquée d’une manière uniforme en Europe, les eurodéputés estiment essentiel que la Commission, les États membres et les producteurs assurent la pleine application de la directive avec des inspections plus rigoureuses et plus régulières dans ce domaine. En appui de leur appel, ils ont invoqué un récent rapport de la Commission européenne, qui elle-même, a montré que le texte est, au mieux, appliqué de manière incohérente d’un État membre à l’autre. Dans la résolution qu’ils ont adoptée le 22 octobre – à une large majorité – ils se disent convaincus que l’utilisation excessive de médicaments vétérinaires, que ce soit pour favoriser la croissance ou dans le cadre d’une démarche prophylactique, explique en grande partie le développement de bactéries résistantes aux antimicrobiens à l’échelle mondiale. Ils considèrent aussi que les conditions de bien-être déficientes imputables aux fortes densités d’élevage (1) ou au stress thermique peuvent provoquer des défaillances immunologiques et accroître la vulnérabilité des poulets à la maladie. Surtout qu’actuellement, soulignent-ils, les éleveurs de volailles en Europe utilisent souvent des races de poulets à croissance extrêmement rapide qui sont beaucoup plus sensibles aux maladies. Comme l’a rappelé récemment l’EFSA (Autorité européenne de sécurité alimentaire), les eurodéputés font observer également que la présence de souches multirésistantes de Campylobacter spp. et de Salmonella spp. dans les élevages industriels de poulets de chair représente « une menace croissante pour la santé publique ».
À cet effet, ils recommandent à la Commission européenne de favoriser le recours à des systèmes d’élevage plus respectueux du bien-être animal, lesquels peuvent améliorer les résultats sur la santé et le bien-être des animaux, et permettre ainsi de réduire le recours à des antimicrobiens tout en produisant des produits de grande qualité au profit des consommateurs. Les eurodéputés se plaisent à rappeler que la dernière enquête Eurobaromètre sur le bien-être des animaux a montré que plus de 50 % des citoyens européens sont en quête d’informations sur la méthode de production lorsqu’ils achètent des produits d’origine animale et qu’ils seraient disposés à dépenser plus pour un meilleur bien-être animal.
Étiquetage obligatoire de l’origine des viandes importées de pays tiers
Relayant les préoccupations des éleveurs et des ONG de l’UE sur l’incidence économique, sociale et environnementale des importations en provenance de pays tiers de viande de poulet produite à bas coût (2), les eurodéputés rappellent que la plupart de ces viandes sont utilisées dans la restauration ou la transformation des produits alimentaires, où l’information sur l’origine de la viande n’est pas obligatoire. Ils demandent donc à la Commission de renforcer les contrôles aux frontières afin de s’assurer que ces importations de viande de volaille sont conformes à la législation de l’UE sur le bien-être animal, la sécurité alimentaire et l’environnement.
Plus concrètement, ils incitent la Commission à proposer une législation sur l’étiquetage obligatoire de l’origine des viandes importées présentes dans les produits transformés dans la vente au détail, les services de restauration et de traiteur, afin de permettre au consommateur de faire des choix en connaissance de cause. Ils invitent même la Commission à instaurer une méthode de marquage de l’UE applicable aux poulets de chair du même type que celle qui existe déjà pour les œufs, afin disent-ils, d’améliorer la transparence et la communication vis-à-vis du consommateur sur le bien-être animal dans la production agricole.
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, 34 % des poulets de chair sont soumis à une densité d’élevage de 33 kg/m2 conformément à la règle générale, 40 % à une densité d’élevage comprise entre 34 et 39 kg/m2, tandis que 26 % sont eux soumis à la densité maximale (jusqu’à 42 kg/m2) permise par la directive 2007/43.
(2) La Thaïlande, le Brésil et l’Ukraine représentent ensemble 90 % des importations en provenance de pays tiers.
Une demande mondiale en croissance continue
Selon les perspectives de l’OCDE et de la FAO, la croissance mondiale de la demande de viande de volaille dépasse la croissance de l’offre. Une augmentation de 120 % est prévue entre 2000 et 2050. L’augmentation de la consommation de viande de volaille a entraîné une augmentation de la consommation de viande dans l’Union européenne faisant passer la part de la viande de volaille dans la consommation totale de viande de 12,6 % en 1964 à 31,4 % en 2014. L’Union européenne est l’un des principaux producteurs de poulets de chair dans le monde : 7 milliards de poulets sont abattus chaque année à des fins alimentaires. La filière de la volaille emploie plus de 250 000 personnes et l’Union compte quelque 23 000 grands élevages de poulets de chair.