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Fruits et légumes L’assemblée générale de Felcoop invite au regroupement de l’offre

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Lors de son assemblée générale, qui s’est déroulée le 31 mars à Paris, Felcoop, la Fédération des coopératives de fruits et légumes et produits horticoles, a invité ses membres à regrouper l’offre, comme l’ont fait leurs homologues italiens et espagnols.

L’assemblée générale de Felcoop (Fédération française de la coopération fruitière, légumière et horticole), le 31 mars, a été fourni l’occasion à ses adhérents d’examiner ce que font leurs homologues italiens et espagnols, avec des groupes coopératifs nettement plus concentrés qu’en France. Deux dirigeants de coopératives de fruits et légumes, un Italien et un Espagnol, ont montré que le regroupement de l’offre est réalisable et qu’il donne un poids économique à l’amont. Le président de Felcoop, Jean-Michel Delannoy, a incité les professionnels français à s’inspirer de ces exemples pour peser davantage dans les circuits de commercialisation.

C’est le moment de profiter des programmes opérationnels

Tout le sens des exemples italien et espagnol de regroupement de l’offre présentés à l’AG de Felcoop a été de montrer aux coopératives françaises qu’il est avantageux de profiter des programmes opérationnels Les programmes opérationnels sont des programmes aidés, sur des projets précis, comme la rénovation du verger en nouvelles variétés ou comme la modernisation du conditionnement.. C’est en utilisant les programmes opérationnels (PO) que se sont construites les grandes unions de coopératives italiennes et espagnoles (voir plus bas).

En outre, c’est le moment de profiter des programmes opérationnels, car après 2013, les professionnels ne sont pas sûrs de pouvoir encore compter sur ces « outils structurants ». « Et après 2013 ? L’assurance-récolte sera-t-elle le seul instrument de la politique agricole européenne, en complément de quelques DPU ? », a lancé président de Felcoop dans son discours final.

Italie : Apo Conerpo gère des marques, dont Saint-Mamet

En Italie, l’union de coopératives Apo Conerpo, qui regroupe 8 000 producteurs et 41 coopératives, représente une offre de plus d’un million de tonnes de fruits et légumes, a témoigné Gabriele Chiesa, directeur général. Cette union de coopératives, issue en 1991 de deux coopératives constituées à la fin des années 1960 en Émilie-Romagne, possède plusieurs marques, comme Valfrutta, Cirio et Saint-Mamet, cette dernière provenant de la scission d’une coopérative française de conserves de fruits du Gard. L’OP Conserve-Gard de Nîmes est d’ailleurs l’une des OP contribuant à l’offre d’Apo Conerpo. Cette dernière a constitué en 2001 une association d’organisations de producteurs (AOP).

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Apo Conerpo, qui couvre une production de fruits et légumes représentant 40 000 hectares, met en œuvre un programme opérationnel de 70 millions d’euros pour 2009, dont la moitié, 35 millions, sont des sommes en provenance de Bruxelles. Ce montant de 35 millions d’euros capté par l’union de coopératives correspond à un tiers de la somme que reçoivent les entreprises françaises des fruits et légumes (100 M€) au titre des PO.

Espagne : l’Anecoop mise sur l’exportation, y compris de produits français

En Espagne, l’union de coopératives Anecoop en Espagne, qui rassemble 95 coopératives de fruits et légumes, s’est structurée autour de l’exportation. Avec une production de 620 000 tonnes de fruits et légumes, elle a étendu ses filiales en Europe : en République tchèque et en Pologne depuis 1993, en France depuis 1998. Elle commercialise des agrumes jusqu’à Singapour, à Hong-Kong et en Corée, a indiqué Joan Mir, directeur adjoint de l’Anecoop.

Michel Delannoy : « Nous sommes défavorables au découplage »

Felcoop met en valeur les réalisations exemplaires du système des organisations communes de marché, et a contrario dénonce le découplage et les autres mesures d’inspiration libérale de l’UE. « Nous rappelons avec force que la prime hectare découplée est un non-sens, particulièrement anti-économique. Je vous l’ai déjà dit, nous sommes défavorables au découplage. Il ne permet pas le maintien d’une activité productrice et peut provoquer la fermeture d’usines, coopératives ou non», a souligné Jean-Michel Delannoy, clôturant son assemblée générale. Sur la suppression des normes, Felcoop craint que le vide ainsi créé soit rempli par les cahiers des charges des enseignes de grande distribution.