À la suite de son assemblée générale, l’Association des salariés agricoles de France a élu son nouveau président pour deux ans, Éric Passetemps, en remplacement de Michel Marcoul. Membre du réseau Trame, tête de réseaux associatifs de développement agricole et rural, l’association est l’héritière de la Fnasavpa, la Fédération nationale de salariés de l’agriculture pour la vulgarisation du progrès agricole. Cette dernière a changé de nom en 2016, notamment pour être mieux identifiable. « Nous sommes apolitique et asyndicaux. Notre but c’est d’accompagner les salariés agricoles et de les informer, notamment pour éviter l’isolement », explique Éric Passetemps. Au sein de Trame, l’association intervient notamment dans les formations consacrées aux ressources humaines, au bien-être au travail ou aux stratégies d’exploitation.
« On aimerait devenir un interlocuteur privilégié sur la question du salariat agricole », explique Éric Passetemps, qui est également responsable d’une maternité collective de 600 truies dans le Morbihan. L’organisation est une fédération de 18 associations départementales, avec 250 à 300 membres par départements. Une goutte d’eau par rapport au plus de un million de salariés agricoles en France qui est une population très diffuse, notamment entre les permanents et les saisonniers. Mais « notre mouvement a largement œuvré pour que les salariés agricoles aient une place reconnue dans le monde agricole », assure Éric Passetemps pour qui « il reste de nombreux projets à mener pour rompre l’isolement » que connaissent parfois ces salariés. Cela peut passer notamment par le renforcement des relations humaines entre employeurs et salariés ou l’enseignement agricole « pour attirer des jeunes vers le salariat agricole, un secteur qui recrute ». Ou encore un renforcement des animations avec les chambres d’agriculture.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Malgré cela, « dans les débats actuels sur les évolutions de l’agriculture, on parle rarement des salariés agricoles », constate Éric Passetemps, alors que l’association s’est justement fixée comme priorité le développement de la reconnaissance du salariat. La raison selon lui : « On ne questionne pas toujours les bonnes personnes ». L’organisation n’est pas reconnue au niveau paritaire et ne peut donc pas participer aux négociations collectives. « Notre association doit donc être plus communicante pour valoriser les actions et montrer la force de notre réseau qui est le seul organisme de développement agricole pour les salariés de la production », estime ainsi le président de l’association des salariés agricoles.
« Il reste de nombreux projets à mener pour rompre l’isolement » des salariés agricoles