L’association française d’agroforesterie a lancé mi-novembre la campagne de financement « 1 jour, 1 agriculteur, 1 territoire » avec son fonds Af-ter, espérant doubler le nombre de projets financés chaque année par plus de mécénat.
« Changer d’échelle », c’est l’espoir de Fabien Balaguer, agronome et directeur de l’association française d’agroforesterie. Chaque année, explique-t-il, son association reçoit désormais environ 1000 demandes de la part d’agriculteurs pour financer leurs projets, et en sélectionne entre 250 et 300. « La demande est toujours croissante, et on sait qu’on va exploser les compteurs », prévoit Fabien Balaguer.
Avec cette nouvelle campagne, intitulée « 1 jour, 1 agriculteur, 1 territoire », l’association souhaite donc attirer les financements suffisants vers son fonds Af-ter pour doubler sa capacité d’accompagnement, et atteindre au moins 500 projets par an. « L’ambition est d’aller recruter de nouveaux financeurs, tout en conservant la possibilité pour chacun de soutenir à la carte un projet qui lui correspond », explique-t-il.
Créée en 2007, l’association et ses douze salariés revendiquent aujourd’hui l’aide de noms connus : Air France, Ecocert, Garnier (L’Oréal), la Poste, Franprix ou Léa Nature ont tous contribué à financer des programmes ou projets sur mesure. « Ce sont des structures qui sont intéressées par l’agriculture durable, la biodiversité, ou la ruralité. Le carbone n’est pas forcément la première clé d’entrée », confie Fabien Balaguer.
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« L’investissement, même pour de petites sommes, peut s’avérer bloquant pour les exploitants », regrette Fabien Balaguer. Les projets, détaille-t-il, reviennent en général entre 7000 et 8 000 € côté agriculteur, que l’association finance aux deux tiers.
L’association, qui revendique une couverture nationale, financera en 2021 des plantations aussi diverses que des haies chez un céréalier du Gers, un verger chez un maraîcher de l’Aude, ou encore des amandiers chez une éleveuse de chèvres de l’Hérault. L’outre-mer n’est pas en reste. « On y trouve des projets inspirants, car les arbres atteignent en quatre à cinq ans la taille qu’ils mettent vingt ans à atteindre en métropole », explique Fabien Balaguer.
Côté filières, l’élevage, mais également la viticulture, feraient aujourd’hui partie des secteurs les plus intéressés par l’agroforesterie. Si les éleveurs misent sur les arbres pour améliorer le bien-être animal, les deux secteurs seraient intéressés par l’agroforesterie pour s’adapter aux sécheresses. « La monoculture de vigne sur des sols fatigués, ça a de plus en plus de mal à fonctionner tant d’un point de vue technique qu’économique », souligne Fabien Balaguer. Au total selon lui, un million d’hectares seraient aujourd’hui cultivés en France en agroforesterie sous toutes ses formes, par une dizaine de milliers d’exploitations.
Un million d’hectares seraient aujourd’hui cultivés en France en agroforesterie