Lors du 96e congrès de la CNMCCA (Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricoles) à Paris les 15 et 16 mai, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a rappelé que l'assurance agricole ne pouvait se substituer à la politique.
«CE ne pourra être un substitut à la politique agricole », a déclaré Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, lors du 96e congrès de la CNMCCA (Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricole) s'exprimant sur la question des assurances agricoles à Paris, le 16 mai. Aux États-Unis, les assurances couvrent une grande partie des risques des agriculteurs, mais Stéphane Le Foll souligne qu'une politique agricole est indispensable par exemple pour donner des « orientations ». Néanmoins, en France, il y a « peu d'agriculteurs qui sont assurés » et il va falloir « améliorer cela », poursuit-il. D'autant que Dominique Lefebvre, président du CNMCCA, a rappelé que le fonds national des calamités n'a cessé de diminuer ces dernières années.
Prévenir plutôt que guérirAu-delà des assurances agricoles, François Thabuis, président des Jeunes agriculteurs, a ajouté : « Il nous faut aussi gérer les risques en les anticipant, en diversifiant nos productions. L'hyperspécialisation, ça ne fonctionne plus ». Car au fond c'est aussi une question de modèle agronomique. En choisissant l'hyperspécialisation, les agriculteurs s'exposent plus facilement à des risques. Le point de vue de François Thabuis a été rapidement appuyé par Guy Vasseur, président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture : « Il faut anticiper et travailler également sur la gestion des risques ». Même discours pour Dominique Lefebvre qui assure que « la première chose, c'est la prévention ».
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POUR le sénateur Jean-Pierre Raffarin, présent au congrès de la CNMCCA, ce sont aujourd'hui « les urbains qui font la pensée nationale ». « Il y a dix ans, dans les actes de décentralisation, on pensait aux zones rurales en premier, ce n'est plus le cas », ajoute-t-il. Le sénateur n'hésite pas à critiquer la politique du président Hollande qui appuie la régionalisation. « Supprimer les départements créés par Napoléon en un jour, bonjour ! Si vous prenez des grandes régions comme la Bourgogne, la Champagne-Ardenne, où se fait la proximité ? », interroge-t-il. Selon lui, le département « joue ce rôle d'équilibre » entre urbain et rural. Et de conclure : « Il faut faire en sorte de ne pas oublier la proximité, le territoire ça compte ! »