Abonné

Focus Australie L’Australie s’impose sur le marché mondial de la viande bovine

- - 4 min

Les éleveurs australiens recapitalisent leur cheptel bovin qui atteint des niveaux jamais atteints en 30 ans. Après plusieurs années de sécheresse, l’île-continent reste un acteur majeur sur le marché mondial de la viande bovine.

«À 29,6 millions de têtes, ce cheptel constitué à plus de 90% par des bovins allaitants n’avait jamais été aussi important depuis 1977 », lit-on dans une étude de l’Institut de l’élevage publié en janvier 2013 à propos des effectifs de bovins. Ces derniers sont en hausse depuis deux ans après plusieurs années marquées par la sécheresse et par une forte décapitalisation du cheptel. La production de viande bovine a ainsi atteint 2,15 millions de tonnes équivalent carcasse en 2012 (+1%) avec une part exportée de 1,4 million de tonnes équivalent carcasse (hors bovins vifs). Selon Meat and Livestock Australia, les exportations 2012 de bovins vivants, elles, se sont effondrées de 18% en tête. Malgré ce recul, la place prépondérante de l’Australie sur le marché mondial de la viande bovine n’est plus à démontrer. Ses principaux clients restent le Japon, les Etats-Unis et, de plus en plus, l’Indonésie. Historiquement, la crise de la vache folle de la fin des années 1990 a « bénéficié » à l’Australie qui était exempte de la maladie et qui a pu conforter son rôle de fournisseur de viande bovine sur le marché mondial.
Cette place prépondérante, les éleveurs australiens de bovins allaitants ne la doivent pas aux soutiens publics dont les niveaux sont bas. « L’essentiel des aides à l’agriculture australienne sont des dispositifs réglementaires et des allégements d’impôt qui constituent l’essentiel du soutien à l’agriculture australienne », écrivent les experts de l’OCDE dans une étude sur « Les politiques agricoles des pays de l’OCDE : suivi et évaluation » publiée en 2007. Cette faiblesse des soutiens n’est pas récente. Historiquement membre fondateur du groupe de Cairns en 1986, l’Australie s’est mise très tôt aux côtés du Brésil, de l’Afrique du sud ou encore du Canada pour libéraliser les marchés agricoles à un moment où l’Union européenne et les Etats-Unis s’entraînaient dans une course aux mesures protectionnistes. La position de l’Australie est possible en raison des avantages comparatifs du territoire australien, notamment pour l’élevage allaitant.

Production économe

Les conditions naturelles de l’Australie font de son élevage un des plus économes au monde. Les exploitations suivent un modèle de type extensif et leur taille peut atteindre jusqu’à 4 000 têtes. Elles sont principalement implantées dans les plaines des territoires du Nord, du Queensland et de la Nouvelle-Galles-du-Sud. « L’Australie orientale est favorable au bétail par la douceur du climat, par l’absence d’animaux carnassiers et par ses espaces immenses librement parcourus », écrivait en 1930 A. Demangeon dans le livre L’évolution agricole de l’Australie. Un constat qui illustre le développement de l’élevage allaitant extensif depuis de nombreuses années en Australie.
Si la finition de l’engraissement se fait traditionnellement à l’herbe, depuis quelques décennies, il se fait aussi dans des parcs d’engraissement (feedlots) suivant le modèle américain en particulier dans le Queensland, proche des ports tournés vers le marché mondial. Selon une étude du Bureau des statistiques australiennes publiée en 2005, l’introduction des parcs d’engraissement en Australie date des années 1950, période correspondant à une montée en puissance de la demande extérieure (Japon, Etats-Unis). « La demande des partenaires commerciaux ciblait des productions de qualité disponible toute l’année », lit-on dans l’étude. Les parcs d’engraissement permettent encore de répondre à la demande des Japonais et plus généralement à la demande des principaux partenaires commerciaux de l’Australie.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.