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L’aval s’inquiète aussi des adventices

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L’industrie est capable de gérer les contaminations des lots par des graines d’adventices, mais s’inquiète d’une résurgence de l’ergot et d’une baisse des surfaces. Un plan de surveillance sanitaire a été lancé fin mars par Intercéréales.

Les coopératives céréalières et l’industrie de la première transformation (meunerie et nutrition animale) observent une progression des contaminations des lots par des graines de mauvaises herbes, consécutive à leur expansion dans les parcelles céréalières. Mais tous les acteurs interrrogés estiment que la situation est gérable, ayant les équipements et techniques nécessaires pour nettoyer les marchandises.

Les fabricants d’aliments pour animaux et les meuniers ont alerté la profession (Intercéréales, Arvalis…) cette année de l’intensification des problèmes liés aux adventices, via notamment François Cholat, président du Snia (industriels de la nutrition animale) et Lionel Deloingce, vice-président d’Intercéréales et de l’ANMF (meuniers).

Ils s’inquiètent surtout de la diminution des surfaces, en particulier des petites céréales tels que l’avoine, le seigle ou le sarrasin. Les pertes de marges des agriculteurs, mais aussi le fait « qu’ils ne peuvent parfois plus resemer pour de si petites surfaces, menacent leur pérennité », prévient Lionel Deloingce.

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Les industriels sont capables de gérer techniquement le nettoyage des lots touchés par les graines de mauvaises herbes, selon les deux professionnels. « Les soucis augmentent. Mais il s’agit davantage d’un problème pour l’agriculteur. Les coopératives sont équipées, notamment de trieurs optiques », confirme Antoine Hacard, président de la Coopération agricole Métiers du grain.

Attention aux alcaloïdes

Toutefois, le représentant note une croissance « de la présence d’ergot, plus difficile à gérer, et dont les adventices sont vectrices ». Le problème touche particulièrement la meunerie, car il augmente potentiellement le risque de présence de composés alcaloïdes dans les farines.

Les signalements des industriels justifient en partie la naissance le 31 mars du « Plan de surveillance filière » (PSF), piloté par Intercéréales. Pour rappel, il est destiné à suivre la qualité sanitaire des grains, de l’amont (production) à l’aval (collecte, première et seconde transformations). « Nous avons des données pour la récolte de céréales 2024. Il y aura une restitution chaque année des résultats », indique Lionel Deloingce, élu référent du plan.

« Seigle, sarrasin, avoine… sont potentiellement menacées »