Si le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer a validé le plan de continuation du numéro un français du pet food sous marque distributeur proposé par le fonds Alandia en mars dernier, l'avenir du groupe reste toujours suspendu à celui de sa filiale de Villeneuve-sur-Lot. Prévue initialement pour le 23 avril dernier, le tribunal d'Agen a en effet repoussé sa décision au 19 mai prochain.
L'AVENIR de Continentale Nutrition n'est toujours pas totalement dégagé pour ce poids lourd français de l'alimentation pour chiens et chats placé en règlement judiciaire en mai 2013. Le tribunal de commerce d'Agen vient en effet de reporter au 19 mai prochain sa décision sur le sort de sa filiale basée à Villeneuve sur Lot (47). Le 23 avril dernier, le tribunal devait se prononcer sur l'avenir de Villeneuve Pet Food et de ses 154 salariés. Le jour même plus de 200 salariés de la maison mère manifestaient dans les rues de Boulogne-sur-Mer, tandis que les chaînes de production boulonnaises étaient à l'arrêt ce jour-là. Les représentants du personnel de Continentale Nutrition de Boulogne-sur-Mer ont déjà mis en garde leurs homologues de Villeneuve-sur-Lot sur les conséquences d'une reprise par une entreprise étrangère. « Ces candidats à la reprise n'ont comme seul objectif de pénétrer le marché français au travers des clients de VPF. Il est peu probable qu'ils soient réellement intéressés par la reprise d'unités de production en France alors qu'ils disposent de toutes les capacités de production dans leurs pays respectifs et dont certaines ne sont même pas à saturation ! », expliquent en substance les syndicalistes boulonnais.
Placée en redressement judiciaire le 10 mars 2014, VPF pourrait être en effet cédée à un repreneur irlandais (C&D Foods) ou reprise par l'allemand Deuerer, une éventualité qui la mettrait en concurrence directe avec son ancienne maison mère boulonnaise… qui l'a sauvée de la faillite quelques années plus tôt !
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Le 25 mars dernier à Boulogne-sur-Mer, le tribunal de commerce avait accepté le plan de redressement présenté par le holding industriel Alandia à l'issue d'âpres négociations entre tous les partenaires (actionnaires, fournisseurs, créanciers, pouvoirs publics). Ce plan prévoit la suppression de 180 emplois sur les 511 salariés actuels que compte l'usine boulonnaise. Il prévoit également de ramener le passif de 94 à 39 millions d'euros par abandon de créances. Enfin le projet des dirigeants d'Alandia table sur un plan de refinancement de 35,5 millions d'euros (11 millions d'euros en crédits fournisseurs et 24,5 millions d'euros apportés par les différents actionnaires, dont la famille Delpierre, BpiFrance, AgroInvest et Sodica, le conseil régional Nord-Pas-de-Calais…). Alandia devrait enfin injecter 7 millions d'euros pour la remise à niveau de l'outil industriel boulonnais en 2014. Reste donc toujours à régler l'avenir de la filiale VPF dont les 115 salariés manifestent une volonté d'indépendance vis-à-vis de l'établissement boulonnais.