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Déshydratation L’avenir de la filière luzerne suspendu à la nouvelle Pac 2014-2020

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À l’occasion d’une conférence de presse le 12 décembre à Paris, Coop de France Déshydratation a fait le point sur les grands enjeux de la filière luzerne pour les prochaines années. Entre le « plan protéine », la réforme de la Pac et les préoccupations environnementales, la filière luzerne, pouvant pallier en partie le déficit protéique européen, voit son avenir conditionné par les décisions qui seront prises au sujet de la Pac 2014-2020.

«Les agriculteurs sont aujourd’hui dans l’attentisme vis-à-vis de la future Pac », indiquait Jean-Pol Verzeaux, président de Coop de France déshydratation, le 12 décembre en conférence de presse. En 2012, l’article 68 de la Pac, transposé sous la forme du « plan protéines » en France, a permis une aide de 125 euros par hectare de luzerne. Si, d’après le ministère de l’Agriculture, ce plan sera maintenu en 2013, Jean-Pol Verzeaux demande sa pérennisation dans la nouvelle Pac. Mais cela dépendra du budget européen.

Une aide nécessaire à la compétitivité dans les assolements

Selon Coop de France, cette aide a permis le maintien de la luzerne dans les assolements, dans un contexte de compétitivité accrue des céréales et des oléagineux, qui bénéficient de prix élevés. Les surfaces ont ainsi atteint les 64 000 ha en 2012, en baisse de 2 000 ha par rapport à 2011. Une faible érosion des surfaces, selon Jean-Pol Verzeaux, dans une année 2012 de découplage total des aides à la production. La première phase de découplage en 2006 avait entrainé une baisse de 25% des surfaces. Toujours pour soutenir le maintien de la culture en France, la filière demande que la luzerne puisse entrer dans les surfaces d’intérêt écologique, prévues dans la nouvelle Pac au titre de l’article 32. La Luzerne est une plante rustique qui demande très peu d’intrants en culture. Par ailleurs, Jean-Pol Verzeau, indiquant que la Chine importe de plus en plus de protéines végétales, précise que la culture de la luzerne constitue à ses yeux un moyen de sécuriser une partie de l’approvisionnement des éleveurs, très dépendants des importations de tourteaux de soja.

Des opportunités de marché pour la luzerne transformée

Selon Serge Faller, directeur général de Désialis, fournisseur de matière première déshydratée, le monde est en demande de protéines fibreuses issues de la luzerne, particulièrement pour les bovins laitiers. Cette demande est porteuse au Moyen-Orient, pour des élevages laitiers industriels de plusieurs milliers de têtes. D’ailleurs, Serge Faller fait remarquer que pour sécuriser leurs approvisionnements, des investisseurs d’Abu Dhabi avaient récemment racheté quatre usines en Espagne, et que des Japonais et des Sud-Coréens disposent aujourd’hui de 50% des centres de conditionnement de luzerne déshydratées aux Etats-Unis. Un marché porteur pour les exportations françaises de produits élaborés riches en fibres et en protéines pour lesquels les coûts de fret sont relativement faibles. En effet, Serge Faller explique profiter du retour, quasiment à vide, des cargos de fret vers l’Asie, après être arrivés plein en Europe. Il bénéficie ainsi de coûts de transport particulièrement compétitifs. Une opportunité de marché à saisir qui pourrait aussi aider à maintenir la filière luzerne en France et en Europe.

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