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Jeunesse L’avenir de l’enseignement agricole mobilise les professionnels des deux secteurs

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La FNSEA, qui organisait une journée sur l’enseignement agricole, propose aux professionnels de l’agriculture et de l’enseignement de réfléchir ensemble à l’avenir de cette branche bien particulière de la formation.

Certes, l’enseignement agricole a des difficultés, mais il a aussi suffisamment d’atouts pour que l’on se préoccupe de lui assurer un avenir, qui reste à définir. Tel est, en substance, le constat qui a motivé le travail de la FNSEA et l’organisation, par la commission de l’enseignement et de la formation du syndicat, d’une journée d’échange, le 25 octobre. Intitulé « Quel projet, quel avenir pour l’enseignement agricole ? », ce colloque était le fruit d’une réflexion lancée il y a deux ans au sein du syndicat. Mais il sera aussi un point de départ : « Je vous propose que nous nous réunissions en groupes de travail, afin de formuler des propositions pour que cet enseignement agricole ait encore de l’avenir », a affirmé Marianne Dutoit, en conclusion du colloque, devant des professionnels de l’agriculture et de l’enseignement agricole. Et l’enjeu est de taille : il s’agit de faire entendre la voix de cette branche bien particulière des formations, jusque dans la préparation de la loi d’avenir et ce, sur fond de réforme de la Pac, de refondation de l’école, et de nouvelle phase de la décentralisation. Formant les professionnels de l’agriculture et des territoires de demain, l’enseignement agricole n’est pas déconnecté des réflexions sur le renouvellement des générations ni sur les évolutions en cours de l’agriculture. Enfin, cette journée était organisée la semaine où la FNSEA lançait sa campagne sur les métiers (voir article La FNSEA dévoile sa nouvelle campagne sur l’emploi en agriculture).
 
Des pistes de réflexion
Ces premiers échanges ont souligné qu’il reste à développer le dialogue entre les acteurs de l’enseignement et les professionnels agricoles qui participent aux instances. Un dialogue qui mériterait par exemple de sortir du cadre habituel des conseils d’administration, et de commencer plus en amont, afin que l’orientation des formations et les projets d’établissements puissent être davantage débattus. Reste aussi à valoriser une formation agricole souvent vue comme la voie « de garage ». Enfin, pour les orateurs de cette journée de réflexion, le futur de l’enseignement agricole ne se jouera pas hors du ministère de l’Agriculture. Le rattachement au ministère de tutelle a été salué et réaffirmé comme un atout, de même que le lien fort avec la profession agricole.
 
Des spécificités à valoriser
Les assises de l’enseignement agricole public, organisées en 2010 sous l’impulsion du ministre de l’époque, Bruno Le Maire, et qui devaient donner un nouvel élan à ces filières, ont été « décevantes », juge la FNSEA. L’enseignement agricole souffre toujours de la réforme générale des politiques publiques, des suppressions de postes, des fusions d’établissements, des restrictions budgétaires et de réformes des formations, en particulier celle du bac pro. Pourtant, il se distingue par un fort taux d’insertion à l’issue des formations, la diversité de ses établissements qui assurent un maillage du territoire, sa capacité à proposer des formations, de la 4e au niveau master et ingénieur, et où des élèves qui étaient « en difficulté » dans l’enseignement général trouvent leur voie, à la faveur d’une pédagogie capable d’innovation.

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