Dans une étude publiée en octobre, Xerfi-Precepta s’est penché sur les leviers de croissance d’ici 2018 pour les coopératives agricoles. Après deux années difficiles, les coopératives françaises devraient, cette année encore, enregistrer une nouvelle baisse de leur activité.
À l’occasion du Sial, Xerfi-Precepta a publié une étude sur les coopératives agricoles, intitulée « Quels leviers de croissance et compétitivité d’ici 2018 ? ». L’occasion de se pencher sur les différentes alternatives qui s’offrent aux groupes coopératifs s’ils veulent s’en sortir dans un environnement économique toujours plus compliqué.
En premier lieu, le cabinet d’études constate qu’après deux années difficiles, 2016 ne devrait pas montrer d’amélioration pour les coopératives agricoles françaises. Rappelant que le chiffre d’affaires cumulé du top 20 des coopératives a de nouveau baissé en 2015 (-4,9 %), après un recul de 1,4 % déjà en 2014, les experts de Xerfi-Precepta anticipent une nouvelle décrue des ventes des entreprises du panel de 1,5 % cette année. « En cause, la baisse continue du cours des matières premières et une demande atone », expliquent-ils, auxquels s’ajoutent la pression sur les prix dans la grande distribution ou encore les évolutions réglementaires et une concurrence accrue. Autant d’éléments qui pèsent sur la compétitivité et conduisent inévitablement les entreprises à revoir leur modèle pour gagner en compétitivité.
La mondialisation des marchés oblige, les coopératives doivent non seulement peser sur leurs marchés nationaux, mais aussi se déployer hors des frontières, à condition évidemment d’atteindre une taille critique. L’heure est donc à la consolidation pour les coopératives agricoles. Une consolidation qui faute de recevoir tout le soutien nécessaire auprès des banques, « ne se réalisera qu’à l’aide de montages financiers innovants », prévient Xerfi-Precepta. Une recherche de soutien vers l’investissement privé, qui n’est pas sans poser des problèmes. « Les coopératives doivent faire évoluer leurs statuts juridiques pour intégrer ce mode de financement, tout en préservant les fondements de leur modèle », indique ainsi Xerfi-Precepta. Et si « les partenariats, fusions entre coopératives et autres acquisitions d’industriels privés se sont multipliés ces dernières années », avec un volume d’acquisitions de 689 millions d’euros en 2015, « ce sont surtout les fusions qui se sont poursuivies », soulignent les experts qui estiment que « les opportunités d’alliances et d’acquisitions restent encore nombreuses ».
Implantations internationales
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Alors que de nombreuses coopératives agricoles mettent le cap à l’international pour pallier les faibles perspectives de croissance sur le marché hexagonal, « étonnament », soulignent les experts, les coopératives agricoles françaises sont encore très frileuses à l’international jusqu’ici. « Les six principales coopératives françaises réalisent à peine la moitié de leurs transactions à l’étranger, alors que les volumes d’échanges internationaux atteignent respectivement 91 % et 78 % pour le danois Danish Crown et le néerlandais FrieslandCampina », rappelle Xerfi-Precepta. Pour les acteurs français, l’Asie est en tête des pays les plus plébiscités et « la Chine apparaît à ce titre comme un eldorado, notamment pour la filière laitière nationale qui a su faire valoir ses procédures de qualité et de traçabilité rigoureuses après le scandale du lait frelaté en 2008 ».
Les stratégies d’implantation directe des groupes français tendent elles aussi à se développer, sachant que « le modèle reposant uniquement sur des exportations depuis la France risque en effet d’atteindre ses limites à court terme, à cause des coûts liés à la logistique ou des mesures de protectionnisme » selon Xerfi-Precepta.
Investir dans les marques
Quant à l’orientation des coopératives vers l’aval de la filière, qui s’est « surtout traduite par l’acquisition ou la création de filiales à statut non coopératif », note Xerfi-Precepta, « cette stratégie d’intégration verticale repose surtout sur le développement d’activités de première transformation ». Et de citer l’exemple de Vivescia et Axéréal, spécialisées dans le grain, qui « ont su capitaliser sur leur savoir-faire et la maîtrise totale de la filière pour se hisser parmi les leaders mondiaux dans la malterie et la meunerie ». Selon les experts, « les coopératives agricoles pourront assurer leur développement en se construisant une véritable image de marque ». Or, celles-ci sont très peu connues du grand public, malgré leur statut d’acteurs majeurs du marché alimentaire mondial et ne font pas valoir leur identité coopérative. Pour Xerfi-Precepta, « le développement de stratégies de valorisation des marques des coopératives et la mise en avant du lien entre celles-ci et les groupes coopératifs est donc une priorité dans le secteur ».