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Volaille/Résultats LDC accélère à l’international avec l’Espagne

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L’année 2011 est riche en actualités pour LDC qui a fait part de nombreux projets et réalisations à l’occasion de la présentation des résultats de l’exercice 2010/2011. Alors que le groupe sarthois semblait quelque peu englué dans la reprise de Marie, il a remis un coup d’accélérateur tant sur le traiteur, justement, qu’à l’international. Si les acquisitions d’Arrivé et de Marie ont boosté le chiffre d’affaires sur le dernier exercice, la rentabilité de LDC, elle, est sortie amoindrie de ces opérations du fait des pertes de Marie. Une nouvelle organisation, qui laisse plus d’autonomie au pôle traiteur doit donc voir le jour cette année. Le même esprit va valoir pour l’international, pôle sur lequel LDC a annoncé un partenariat avec une coopérative espagnole, Alimentación Natural, avec une alliance capitalistique d’ici à deux ans. Enfin, LDC a annoncé l’acquisition de Corico, site rhône-alpin spécialisé dans la dinde, qui va lui permettre de spécialiser son site de Louhans sur le poulet.

Tandis que les activités en Pologne ont été redressées et affichent maintenant une belle rentabilité, le cas espagnol restait problématique pour LDC. Le groupe volailler compte sur sa nouvelle alliance avec le groupe coopératif Alimentación Natural (554 M EUR de CA, dont 100 M EUR en poulet) pour remédier à la situation. « Nous n’avions pas la taille critique en Espagne, confie Denis Lambert, président de LDC. Alimentación Natural nous apporte les volumes, et nous leur apportons notre expertise dans les produits élaborés. » Pour justifier une stratégie d’alliance dont il n’est pas coutumier, le groupe met notamment en avant les spécificités du marché espagnol. Concrètement, alors qu’Alimentación Natural et LDC ne détiennent respectivement que 4,7 % et 1,2 % du marché, ils en visent 10 % dans deux ans grâce à leur partenariat industriel et commercial. Partenariat qui doit déboucher sur une alliance capitalistique. Les poulets entiers et découpes seraient gérés par une société détenue à 65 % par Alimentación Natural et 35 % par LDC, le schéma inverse prévalant pour les produits élaborés avec une date déjà arrêtée, octobre 2011, pour la création de la société commune LDC AN Elaborados. Objectif : 140 M EUR de chiffre d’affaires d’ici à 2013 (contre 20 M EUR actuellement) et des volumes de produits élaborés multipliés par trois (soit près de 6 000 tonnes).
Plus largement, c’est tout son développement à l’international que LDC entend accélérer. « Nous sommes en train de constituer une équipe pour piloter le développement à l’international », explique Denis Lambert, qui fixe un premier palier à 20 % de l’activité (sans préciser de date) contre 14 % aujourd’hui (chiffre intégrant l’export). Les premières opérations initiées par cette nouvelle équipe pourraient avoir lieu en 2012 /2013. Elles concerneront la volaille, le développement des activités traiteur à l’international n’étant pas à l’ordre du jour.

Traiteur : consolider l’activité en France
En attendant, LDC ne manque pas de chantiers. A commencer par le redressement de Marie, dont le retour à l’équilibre n’est pas prévu avant 2012/2013. « Pour l’intégration de Marie, on a manqué d’avoir construit une équipe », estime Denis Lambert qui mise sur une nouvelle équipe dotée d’une large autonomie (comme pour l’international), et sur la R&D. « Nous ne sommes pas satisfaits de la rentabilité de tous les produits traiteurs, admet Denis Lambert. Mais nous n’avons encore pris aucune décision quant à l’abandon éventuel de certaines familles de produits. » Quant à l’avenir de l’activité surgelés, qui a été filialisée, « le scénario d’une vente s’éloigne de plus en plus, assure Denis Lambert. Ou on reste seul ou on s’allie pour gagner des volumes. Quoiqu’il en soit, il n’a jamais été question d’abandonner la marque Marie sur ce marché. » Après 16 M EUR sur le dernier exercice, 18 M EUR doivent être investis sur 2011/2012 sur le seul pôle traiteur.
Le plan d’investissement général s’élève à une centaine de millions d’euros. Il est consacré à des améliorations de la productivité, aucun investissement capacitaire n’étant prévu.
Au global, le chiffre d’affaires de LDC s’est établi à 2,5 Mds EUR en 2010/2011 (clôture de l’exercice au 28 février), en progression de 23,7 % grâce à Arrivé et Marie, intégrés en année pleine contre trois mois sur l’exercice précédent (+3,1 % à périmètre constant pour des volumes en hausse de 2,3 %). Le résultat opérationnel courant s’établit à 88,6 M EUR, en repli de 5,4 %, ce qui fait passer la marge opérationnelle courante de 4,5 % à 3,5 %.

Le défi de la hausse des matières premières
Le pôle volaille France (74,2 % de l’activité) progresse de 3,5 % à périmètre constant (+ 18,5 % en données publiées). La consommation est soutenue par la demande et LDC a fait le choix de baisser l’intensité promotionnelle au second semestre. « La volaille est la seule viande qui progresse », rappelle Denis Lambert. Le groupe entend plus que jamais développer son activité sur les produits élaborés et réclame de nouvelles augmentations de tarifs. « On a obtenu 10 % de hausse de tarif, mais il nous faut 7 % supplémentaire », annonce Denis Lambert. La hausse des matières premières, malgré l’intégration réussie d’Arrivé, pèse sur la rentabilité du pôle dont la marge opérationnelle courante passe de 5 % à 4,4 %.
Le pôle traiteur (19,7 % du CA) a plus que doublé de taille avec l’intégration de Marie. A périmètre identique, la croissance a atteint 1,9 % alors que les volumes ont, eux, progressé de 2,9 %. Le traiteur historique reste profitable, même si sa rentabilité est en retrait mais les pertes de Marie se creusent. La perte opérationnelle courante pour l’activité atteint 2,1 M EUR. « La progression des volumes n’a apporté aucune marge brute supplémentaire », souligne Denis Lambert, qui réclame des hausses tarifaires de 7 à 10 % selon les activités, soulignant que jusqu’à présent, seuls 1 à 2 % ont été obtenus.

La Pologne en bonne santé, l’Espagne à la traîne sur 2010/2011
A l’international (6,1 % de l’activité), le chiffre d’affaires progresse de 1,9 % à taux de change constant. Après des pertes en 2009/2010, la marge opérationnelle courante atteint 5 %, contre 4,7 % l’an passé. Un bon résultat imputable à la Pologne (87 % du CA international) qui affiche une marge opérationnelle courante de 6,7 % alors que les pertes en Espagne se creusent et passent de 500 000 EUR à 1,5 M EUR. En Pologne, LDC a réussi à faire évoluer complètement le mix produit et l’activité dépend désormais majoritairement des produits élaborés. L’alliance avec Alimentación Natural devrait permettre d’améliorer la situation en Espagne.

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