Le groupe volailler a annoncé de très bons résultats pour son dernier exercice, supérieurs à ses précédents objectifs, grâce à la contribution favorable du pôle volaille. Le retour escompté aux bénéfices de la division traiteur n'est en revanche pas au rendez-vous. Une acquisition est toujours d'actualité.
Comme il l'avait laissé entendre en avril, le groupe LDC (marques Le Gaulois, Maître Coq, Marie) a confirmé ses bons résultats pour l'exercice clos le 28 février 2014, lors d'une conférence de presse le 4 juin. Un exercice très satisfaisant, même si Denis Lambert le président n'a pas caché « une certaine déception sur le pôle traiteur, où les efforts industriels n'ont pas produit tout leurs effets ». Pour autant, fort d'un chiffre d'affaires de 3,025 milliards d'euros, en hausse de 3,5 % (+2,9 % à périmètre identique), le spécialiste de la volaille labélisée a dégagé un résultat opérationnel courant de 122,2 millions d'euros (+35 %) supérieur à ces dernières prévisions (Voir Agra Alimentation du 10 avril). Une performance réalisée grâce à la contribution favorable du pôle volaille (76,9 % des ventes) et du CICE (14,8 millions en 2013/2014). De fait, la marge opérationnelle courante atteint 4 % (contre 3,1 % en 2012/2013 après correction du CICEe de 4,2 millions, qui n'avait pas été comptabilisé il y a un an en raison des difficultés d'évaluation, précise le groupe). Le résultat net progresse de 19,7 % à 77,5 millions d'euros. Globalement l'exercice écoulé a été marqué par l'arrêt des activités du concurrent Doux et d'un effet de base favorable liée à l'intégration de deux de ses sites en 2012/2013, un à Sérent (56), l'autre à Laval (53), d'une bonne résistance de la consommation, en dépit d'un fléchissement dans la seconde moitié de l'année et d'une détente des matières premières, qui restent « néanmoins à un niveau toujours élevé », soulignent les dirigeants.
L'INNOVATION AU CŒUR DE LA STRATÉGIE
Dans le détail, l'activité du pôle volaille France (2,32 milliards de chiffre d'affaires, en hausse de 4,8 %), a bénéficié d'un effet mix prix favorable, principalement en fin d'année sur les produits festifs. LDC a surperformé le marché sur toutes ses familles de produits, notamment dans la volaille entière où ses ventes marquent une hausse de 4,3 % dans un marché en recul de près de 10 %. Dans la découpe de poulet standard, Maître Coq, dans le giron de LDC depuis 4 ans, a enregistré « une croissance 4 fois supérieure à celle du marché, dont nous sommes très satisfaits », a souligné Denis Lambert. Maître Coq a également conquis de nouveaux consommateurs grâce au lancement d'une nouveauté, le haché de poulet. « Des innovations qui permettent à LDC d'afficher d'excellents scores, le groupe ayant pu répercuter les hausses de prix au second semestre et donc récupérer de la marge », précise encore le président. A l'international, le chiffre d'affaires de LDC en Pologne a progressé de 10 % à 195 millions d'euros (85 950 tonnes commercialisées, en hausse de 8,9%). Dans un marché très atomisé avec plus de 150 intervenants – le leader détient 11 % du marché et LDC 5 % –, le français s'appuie sur la grande distribution et un outil de production à la pointe (13,6 millions d'investissements sur 3 ans) pour faire évoluer son mix produit. Sur le pôle Traiteur (16,4 % des facturations), l'activité s'est stabilisée tant en volume (119 854 tonnes +0,1 %) qu'en valeur, avec un chiffre d'affaires de 496,3 millions d'euros (-1%). Si la marque Marie, reprise il y a 4 ans par LDC, a enregistré en un an la plus forte progression (+11,8 %) des volumes dans le frais face à la concurrence et aux MDD, les performances par familles de produit sont en revanche assez contrastées, avec toujours des difficultés dans le sandwich. Le retour à la rentabilité de la branche traiteur n'est donc pas au rendez-vous, avec un résultat opérationnel courant négatif de 0,1 million d'euros (contre - 0,3 million retraité du CICE un an plut tôt). LDC fait « du retour à la rentabilité de ce pôle une de ses priorités pour 2014/2015 » ont insisté les dirigeants. Confiants, ces derniers estiment qu'il existe un fort potentiel dans le traiteur, grâce aux innovations. « Le steak haché Marie est déjà dans les trois premières références de la grande distribution », a précisé Denis Lambert. Et des nouveautés devraient être dévoilées dans la pizza et le sandwich en novembre prochain.
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OBJECTIFS RAISONNABLEMENT PRUDENTS POUR 2014/2015
Le groupe prévoit d'investir 110 millions d'euros pour continuer d'améliorer son outil industriel. Il a également réitéré sa volonté de procéder à une acquisition en Europe, tout en précisant rester « très sélectif afin de ne pas détériorer la situation financière ». De fait, avec une trésorerie nette de 126,1 millions d'euros et plus de 720 millions de fonds propres, le groupe a pu maintenir un niveau d'investissement élevé de 96 millions d'euros en 2013/2014. Un chiffre qui devrait dépasser 110 millions sur l'exercice en cours. Prudent dans le contexte actuel tant sur l'évolution de la consommation, que du prix des matières premières, mais néanmoins confiant, Denis Lambert a fixé pour l'exercice en cours, un objectif de résultat opérationnel de l'ordre de 125 millions d'euros, après prise en compte d'une contribution positive du CICE de 20 millions d'euros. Les investisseurs ont salué ces annonces, le titre retrouvant son plus haut niveau depuis cinq ans.