Le leader français de la volaille a réalisé une belle performance sur l'exercice écoulé, dans un contexte de consommation morose. Le groupe a redressé son pôle traiteur et confirmé ses ambitions à l'international avec l'acquisition de Drops en Pologne. L'intégration des sites repris à Glon Sanders se déroulera sur l'exercice en cours.
LDC, le numéro un de la volaille, a tenu les objectifs de résultats pour 2014/2015 qu'il avait revus à la hausse en avril dernier, grâce à un excellent second semestre. Dans un environnement marqué par une consommation fragile, mais avec un niveau favorable du prix des céréales, son chiffre d'affaires est stable à 3,02 milliards d'euros, alors que les tonnages marquent une légère augmentation (+1,8 %) à 680 700 tonnes (1). Le résultat opérationnel courant de LDC s'inscrit à 153,5 millions d'euros, en hausse de 25,6 % sur l'exercice précédent, supérieur à l'objectif initialement fixé à 130 millions d'euros. Ce résultat tient compte de 19,3 millions de CICE (contre 14,8 millions en 2013/2014). La marge opérationnelle courante s'améliore ainsi à 5,1 % (contre 4 % un an auparavant). Après comptabilisation de l'amende de 10 millions d'euros infligée à LDC par l'Autorité de la concurrence pour entente sur les prix (Agra Alimentation du 7 mai 2015) et des éléments exceptionnels liés à la fermeture du site de Courcouronnes, le résultat opérationnel s'élève quant à lui à 137,3 millions (+21,5 %). Une performance « portée par l'amélioration de la marge brute, grâce à la croissance des volumes et d'un prix matières premières favorable », a souligné Laurent Raimbault, directeur administratif et financier (DAF) nommé en début d'année en remplacement de Roland Wolfrum. Le bénéfice net (part du groupe) s'inscrit à 96,4 millions (+24,4%), soit 11,83 € par action (contre 9,60€ un an plus tôt) (tableau ci-contre). Le groupe proposera le versement d'un dividende de 2,30€ (contre 1,80 € il y a un an) lors de sa prochaine assemblée annuelle, à laquelle les actionnaires sont convoqués le 20 août.
CONSOMMATION EN BERNE
Des performances pour 2014/2015, qui s'inscrivent dans un contexte de consommation toujours difficile, saluées par Denis Lambert, le président de LDC, car elles « témoignent du redressement réussi du pôle traiteur » a-t-il précisé lors de la présentation des comptes annuels le 4 juin. Par activité, le pôle volaille de LDC a enregistré un excellent second semestre, avec un niveau de ventes meilleur que celui du marché, au moment des fêtes de fin d'année. Les ventes sur cette période représentent pour le groupe une activité supérieure de 50 % à celle d'un mois normal. Le spécialiste de la volaille qui réalise 60 % de son chiffre d'affaires avec ses marques (Le Gaulois, Loué Maître Coq essentiellement) dans la GMS, continue de tirer son épingle du jeu face à une consommation en panne, grâce notamment à un rythme d'innovation toujours soutenue. Ainsi, dans un marché en recul de 0,8% en volume dans la GMS et le HD sur la période de mars 2014 à février 2015, LDC affiche lui une croissance de 2,2 %.
CRÉATION DE LA SBV
Avec la reprise, finalisée en mars dernier, des six sites de production de Glon San-ders au groupe Avril (ex-Sofiprotéol), qu'il va rapprocher des cinq sites lui appartenant, LDC va constituer la Société bretonne de volaille (SBV), dont le chiffre d'affaires s'élèvera à 550 millions d'euros. Même si la rentabilité des activités apportées par Glon Sanders (1,7 % de marge d'exploitation en 2014) est moindre que celle de LDC (5,1% au niveau opérationnel courant), cette opération est très complémentaire, tant au niveau du mix client, que des ventes à l'export, ce qui « va nous permettre d'accélérer notre internationalisation », a déclaré Denis Lambert. La SBV devrait à un horizon 3 ans afficher une marge d'exploitation de 3 %, selon ses prévisions. A noter que dès septembre, le groupe lancera un programme d'investissements de 100 millions d'euros sur cinq ans, en commençant par les sites d'abattage (Boscher et Kéranna).
À l'international, Drosed, la filiale polonaise de LDC, a enregistré une légère baisse (-0,8% dans les deux cas) de ses volumes et de son chiffre d'affaires à 200,8 millions d'euros, mais amélioré sa rentabilité. Si le groupe a perdu des parts de marché sur la conserve en MDD, mais il a en revanche accéléré le développement de ses produits élaborés à marque. Avec l'acquisition de Drops (41 M€ de chiffre d'affaires en 2014 et 1,5 M€ de perte au niveau opérationnel courant) annoncée à l'automne dernier, LDC va là aussi bénéficier d'un bon mix produit et également clients. La Pologne, premier pays producteur de volaille en Europe, représente 98 % de l'activité internationale de LDC. En 2015, le groupe a renforcé l'amont avec l'acquisition de Polpasz, une usine de fabrication d'aliment à Sieldce, qui, avec une capacité de 80 000 tonnes, couvrira 50 % de ses besoins.
RETOUR À LA PROFITABILITÉ DU PÔLE TRAITEUR
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Dans le traiteur, la bonne nouvelle de l'année est sans conteste le retour à la profitabilité du pôle, avec un résultat opérationnel courant de 1,8 million d'euros (contre une perte de 0,1 M€ en 2013/2014). Une performance réalisée malgré la forte pression sur les prix et une tendance toujours difficile dans le traiteur surgelé (26 % des ventes et le traiteur frais pour le solde, soit 74 %). Le chiffre d'affaires de cette division s'élève à 508,6 millions d'euros (+2,5 %). La marque Marie, qui revendique 4,1 % de part de marché à marques dans le rayon traiteur en valeur, a confirmé son dynamisme sur le marché du traiteur, arrivant en tête des acteurs du secteur, avec une croissance de 7 % de ses ventes en volumes, devant Sodebo le leader (9,9% de PDM). Quant à Traditions d'Asie, la marque, « inconnue il y a quatre ans », a rappelé Denis Lambert, a contribué favorablement à la performance du second semestre grâce au Nouvel an chinois (tonnage en hausse de 21,8 % sur un an). Seule déception, dans les sandwichs où le chiffre d'affaires baisse de 1,9 %. Pour retrouver la profitabilité sur ce segment, LDC a confirmé le regroupement de ses activités pizzas et sandwichs sur un site unique (Agra Alimentation du 16 octobre 2014).
DES INVESTISSEMENTS ENCORE SOUTENUS
En 2014/2015, LDC a renforcé sa structure bilantielle, avec des capitaux propres qui passent pour la première fois le cap des 800 millions, à 803,3 millions d'euros. Fort d'une trésorerie nette de 146,9 millions d'euros (+17 % en un an), le groupe, qui compte poursuivre sa croissance externe, dispose « d'une marge de manœuvre dans sa stratégie de financements », a souligné le DAF. Après 102 millions d'euros d'investissements (couverts par une capacité d'autofinancement de 201,7 M€ en 2014/2015), dont 68 % dans la volaille et 24 % dans le traiteur, LDC a programmé d'investir 150 millions d'euros sur ses différents pôles sur l'exercice en cours, dont 50 % dans la productivité et les capacités.
Côté prévisions, le groupe, fidèle à son habitude, est prudent pour 2015/2016 en raison de « l'incertitude sur le niveau de la consommation et le prix des matières premières ». Les dirigeants tablent ainsi sur une stabilité du résultat opérationnel courant à environ 150 millions d'euros. Dans le détail, le pôle traiteur devrait dépasser les 5 millions d'euros de résultat opérationnel courant, l'international devrait être stable après l'intégration de Drops (dont les résultats devraient toujours être négatifs) et la branche volaille devrait être en léger retrait après l'intégration des activités de Glon Sanders.
(1) Les acquisitions des activités de Glon Sanders et Drops en Pologne ayant eu lieu en toute fin d'exercice ne seront consolidées qu'à partir du 1er mars 2015.
65 sites de productions en France et 5 plateformes
Plus de 5 500 éleveurs engagés
5 sites de production en Pologne et
2 en Espagne
Plus de 17 500 salariés, dont 88 % en France