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Volaille/acquisitions LDC est confiant malgré le ralentissement économique

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LDC (Lambert-Dodart-Chancereul) subit les effets d’une conjoncture difficile. Le leader de la volaille en France affiche un résultat net part du groupe en baisse de -23% sur un an. Le président du directoire, Denis Lambert, rappelle que son groupe a bien résisté sur le marché français dans un contexte de baisse de la consommation, mais l’international a souffert de conditions de marché très défavorables. Pour inverser la tendance, LDC vient d’effectuer une série d’opérations dont l’acquisition de Cailles Robin et le renforcement de sa production en Pologne. Pour 2009, le groupe s’attend à une amélioration de la consommation et à une détente des prix des céréales.

«Nous avons vraiment souffert du ralentissement économique mais quelques feux verts clignotent. Nous essayons désormais d’aborder l’avenir sereinement avec deux opérations de croissance externe et de nouveaux produits pour les fêtes de fin d’année ». C’est en ces termes que Denis Lambert a introduit les résultats de LDC pour l’exercice au premier semestre 2008-2009. Le groupe, spécialisé dans la volaille et les produits traiteurs, qui détient des marques comme Le Gaulois, Loué ou Traditions d’Asie, a connu un semestre difficile sur un marché en net repli. Son résultat net est passé de 21,8 millions d’euros au premier semestre 2007-2008 à 16,8 millions d’euros au premier semestre 2008-2009. De mars à août 2008, les ventes en volumes de LDC en France ont régressé de -4,7 % dans les GMS dans un marché en recul de -6,3%. Sur la même période, les ventes en valeur se sont pourtant améliorées avec une progression de + 5,9% des ventes sur un marché en augmentation de +2,8%. « Nous avons su nous maintenir dans tous les circuits de distribution », note Denis Lambert. En RHD, LDC affiche 178,9 millions d’euros de ventes de volaille en valeur contre 168,5 millions d’euros au premier semestre 2007 soit une augmentation de +6,2%. Le groupe a également su anticiper la baisse du pouvoir d’achat en alignant des produits en Hard Discount. Sur ce circuit, ses ventes ont progressé de 10,6% en valeur par rapport au premier semestre 2007 en passant de 54,5 millions d’euros à 60,3 millions d’euros.

De lourdes pertes à l’international

LDC a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros en 2007-2008 avec 31 sites de production en France, 2 en Espagne et 3 en Pologne pour 11 700 salariés. 19,7% du chiffre d’affaires vient des activités à l’international dont l’export. Or, le marché européen s’est dégradé au cours de l’exercice avec une hausse significative du prix des matières premières en Pologne qui représente 84% de son chiffre d’affaires à l’international. « Nous avons eu du mal à limiter l’impact de la hausse des prix des céréales », admet André Delion, directeur financier de LDC. A cela s’ajoutent les conséquences de l’incendie du site polonais de Torun dont les pertes sont estimées à 2,8 millions d’euros sur le semestre. Pourtant, LDC a réagi rapidement en transférant l’abattage et la découpe de volaille sur les trois autres sites tout en ayant recours à la sous-traitance pour les activités de charcuterie en façonnage. En Espagne, le groupe s’est séparé d’un client important puisque celui-ci a décidé d’entrer au capital de son principal concurrent. André Delion ajoute : « L’Espagne traverse une crise économique grave et nous en avons subi les effets. Nos perspectives de développement dans ce pays sont très limitées compte tenu du niveau de la demande et du comportement des consommateurs ».

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Deux acquisitions en cours

« La fin d’exercice nous semble mieux orientée dans la mesure où nous avons su prendre des décisions stratégiques », note Denis Lambert avant de rappeler que deux opérations de croissance externe ont été menées afin de consolider sa place de leader avant les fêtes de fin d’année et de poursuivre son développement en Pologne. Après les acquisitions de Elefa et Charmilles en 2007, LDC conforte son leadership sur le segment des petites volailles avec le rachat de Cailles Robin. Cette acquisition dont le coût reste confidentiel va permettre au groupe d’améliorer sa compétitivité notamment grâce aux apports de son expertise en matière génétique. Par ailleurs, une nouvelle ligne d’abattage de cailles à eau va être lancé. L’objectif de ce rachat est de doubler le chiffre d’affaires de Caille Robin actuellement de 23 millions d’euros avec une rentabilité de 5% de marge opérationnelle courante.

Rapprochement avec Tarczynski

Un redéploiement industriel a commencé en Pologne grâce au projet de rapprochement avec la société Tarczynski. Fondée en 1991, cette entreprise familiale possède deux sites de production de porc et de volaille de transformation, 750 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros. Une lettre d’intention d’acquisition a été signée le 19 novembre dernier. Conséquence : la société devrait être intégrée en mars 2009. L’objectif est de permettre à LDC de gagner deux ans par rapport à la construction d’un nouveau site depuis l’incendie de Torun, de bénéficier du réseau de grossistes que détient Tarczynski et de prendre position sur le marché haut de gamme des produits élaborés de porc.