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Volaille/Résultats LDC investit pour soutenir Loué

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Le groupe volailler français LDC prévoit un impact de la crise de la grippe aviaire de 10 à 13 millions d’euros sur son exercice 2005/2006 et un retrait de 20 % du résultat opérationnel courant de son activité volaille. Alors que les pièces de volaille sont les plus touchées par la baisse des ventes, le groupe a décidé d’engager une campagne publicitaire de 500 000 à 600 000 euros pour promouvoir sa marque Loué. Mais LDC affiche pour l’instant des résultats satisfaisants pour son premier semestre 2005/2006, avec un chiffre d’affaires qui ressort en hausse de 15,4 %, à 770,6 millions d’euros, et un résultat net qui atteint 23,5 millions d’euros pour la période, en hausse de 29,1%, notamment grâce à une reprise de provisions suite au désengagement du groupe en Chine. Les bons chiffres de son activité volaille en Pologne redressent ses résultats à l’international et l’activité traiteur progresse de 18,2 % à 68,9 millions d’euros de chiffre d’affaires, toujours tirée par ses produits sandwich et pizza.

Une perte de 10 à 13 millions d’euros sur son exercice 2005/2006. A l’occasion de la présentation des résultats du premier semestre de son exercice, LDC (Lambert-Dodart-Chancereul) a chiffré l’impact de la crise de l’influenza aviaire. Le premier groupe volailler s’est ainsi refusé à livrer toute prévision de chiffre d’affaires, annonçant toutefois un objectif de résultat opérationnel courant de son activité volaille en retrait de 20 % par rapport à l’exercice précédent. Cependant, « tout dépend de la bonne réussite des fêtes de fin d’année», a indiqué Gilles Hutepain, directeur général du pôle international du groupe. En effet, « l’activité d’un mois de décembre représente 120 % d’un mois normal», précise-t-il. Le groupe de Sablé sur Sarthe reconnaît avoir vu ses ventes de volaille baisser de 10 % en valeur sur le mois de novembre et de 7 % sur le mois d’octobre, alors que le marché reculait dans son ensemble de 15 % par rapport à 2004.

Campagne publicitaire

Mais les ventes de produits élaborés n’ont pas été touchées, et LDC compte « jouer sur l’innovation, la traçabilité et un potentiel de marque fort pour rebondir ». « Cette crise va accélérer la mutation des habitudes de consommation en direction des produits élaborés», pronostique même Gilles Hutepain. Et sa société ne compte pas rester inactive face à la baisse de pièces entières de volaille : le groupe a décidé d’engager une campagne publicitaire de 500 000 à 600 000 euros pour promouvoir sa marque Loué sur les ondes radio et télé. Sur le court terme, LDC compte de toute façon « occuper le terrain et les linéaires » avec ses produits gibier et traiteur.

Chiffre d’affaires en hausse

Mais pour l’heure, LDC affiche de bons résultats – présentés aux normes IFRS – sur le premier semestre de son activité, avec un chiffre d’affaires qui ressort en hausse de 15,4 %, à 770,6 millions d’euros. Son résultat net atteint 23,5 millions d’euros pour la période, en hausse de 29,1 %, notamment grâce à une reprise de provisions suite au désengagement du groupe en Chine. Cette belle progression « est la résultante de l’intégration réussie de Provialys et d’Agis », indique André Delion, directeur financier du groupe. A périmètre constant, l’évolution du chiffre d’affaires se situe à 2,1 %. L’activité volaille dans l’Hexagone, grâce notamment à l’acquisition de Provialys, progresse de 22 % en volume (1,2% à périmètre constant) sur un marché qui croît de 1,2 %. Son chiffre d’affaires atteint 563,7 millions d’euros, en progression de 16,2 % (-0,7 % à périmètre constant). A l’international, la Pologne est « le moteur du redressement » de l’activité, représentant 83 % des 76,7 millions d’euros de chiffre d’affaires (+16,5 %) et affichant une croissance de 17 % à taux de change constant. Sur ce secteur, LDC fixe son objectif de résultat opérationnel courant pour l’exercice à 1,5 million d’euros.

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Contribution positive de Provialys

Si l’intégration de Provialys – qui accusait auparavant une perte de 1,7 million d’euros – apporte une contribution positive à hauteur de 0,9 million d’euros à son pôle « volaille et amont », du côté de l’activité traiteur de LDC, Agis affiche un déficit de 0,9 million d’euros, identique à celui de l’an passé. Cette perte ne devrait cependant pas refléter les résultats d’Agis sur la totalité de l’exercice, car « son activité suit une très forte saisonnalité, atteignant son plus haut pour les fêtes de fin d’année et le Nouvel An chinois », explique André Delion. Une croissance supérieure à 30 % est ainsi attendue sur l’ensemble de l’exercice, où Agis devrait apporter une contribution positive de l’ordre de 0,8 million d’euros. Au total, LDC affiche une hausse du chiffre d’affaires de son pôle « traiteur » de 18,2 % (5,1% à périmètre constant), qui atteint 68,9 millions d’euros, toujours tiré par la dynamique soutenue de ses produits sandwich et pizza. Les ventes de pizza de la société conservent un bon niveau de croissance, à 18,6 %.

Round d’observation

Comme tout fournisseur de la grande distribution, LDC est directement concerné par la mise en application de la nouvelle loi Dutreil-Jacob. Les négociations commerciales seraient entrées dans un « round d’observation » : « Chacun regarde l’autre et attend de voir qui va baisser les prix le premier : distributeurs ou fournisseurs ?, confie Gilles Hutepain. On ne verra pas avant un an qui a le plus souffert : tout dépendra du mix produit de chacun.» Pour sa part, LDC « veut faire repartir la consommation de ses produits à marque» et pour cela prévoit de fournir sur l’exercice en cours un effort financier de presque un million d’euros supplémentaires à ses dépenses habituelles de communication pour promouvoir sa marque Le Gaulois. Mais quant à l’efficacité de la nouvelle loi, le dirigeant reste sceptique : « Contrairement à l’objectif qui était fixé, cette loi entraîne un manque de visibilité dans les négociations commerciales ».