Quelques semaines après l'accord avec Sofiprotéol, LDC a annoncé, le 27 novembre, la reprise de Drop, un volailler polonais en difficulté. Avec ces deux opérations, le groupe sarthois se renforce sur les PAI et la RHD en France, et participe à la consolidation du marché polonais, encore très atomisé. Dans les deux cas, il s'agit d'activités à redresser. De même que le traiteur surgelé, avec Marie acquis en 2009, qui reste déficitaire.
Si les résultats de LDC pour le premier semestre de l'exercice 2014/2015 sont bons, avec une marge opérationnelle courante de 4,5 % contre 3,1 % sur la même période l'année précédente), du fait de la détente des matières premières, le groupe a plusieurs chantiers de redressement à mener.
REPRISE DE DROP EN POLOGNE
Dernière opération annoncée, à l'occasion de la présentation des résultats du premier semestre, l'acquisition de Drop, en Pologne, où LDC est déjà présent. Si elle est moins significative que la reprise des activités de volailles de Sofiprotéol en termes de chiffre d'affaires, elle témoigne de la volonté de LDC de se développer à l'étranger, sur le marché le plus dynamique d'Europe en volaille. Un levier de croissance prioritaire pour une entreprise encore peu internationalisée (6,5 % du chiffre d'affaires au premier semestre). Selon les chiffres communiqués par LDC, la production polonaise est passée de 1,1 million de tonnes équivalent carcasse en 2008 à 1,7 million de tonnes en 2013, dépassant le Royaume Uni et rattrapant l'Allemagne.
CONSOLIDER LE MARCHÉ
Avec une production annuelle de 130 000 tonnes, LDC prendra ainsi la troisième place du marché, avec une part de marché d'environ 5 %, quand le numéro 1 ne fait que 11 %. Le secteur reste donc encore très atomisé. Drop, située dans le sud-ouest, nouvelle région pour LDC, devrait réaliser 43 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014, mais afficher une perte opérationnelle courante de 1,5 million d'euros. Elle compte 450 personnes sur deux sites de production et ne réalise que 17 % de son activité en grande distribution. « L'activité en GMS pèse encore peu, à l'image de Drosed quand nous l'avons repris. Nous allons faire évoluer cela », a indiqué Denis Lambert. Drop affiche un mix produits varié avec 51 % de poulet, 25 % de spécialités de canard, oie et pintade et 15 % de conserves (divers : 9 %).
POURSUIVRE L'EXPANSION EUROPÉENNE
Au global, le pôle international de LDC se porte plutôt bien, avec un chiffre d'affaires en progression de 3,4 % pour des volumes en hausse de 2 %. La marge opérationnelle courante atteint 3,8 %, revenant à un niveau plus satisfaisant qu'à la même période l'an passé (0,7 %). Sur l'exercice en cours, Denis Lambert pronostique un résultat opérationnel courant en progression de 2 à 3 millions d'euros par rapport à 2013/2014.
Quant à de nouvelles acquisitions, Denis Lambert réitère sa volonté d'être très sélectif dans les pays où le groupe n'est pas implanté. « Reprendre des activités en difficulté sur un pays que l'on ne connaît pas, c'est difficile », estime-t-il.
REDRESSER LES ACTIVITÉS VOLAILLE DE SOFIPROTÉOL, NOTAMMENT BLANCAFORT
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Annoncée en octobre dernier, la reprise des sites de volaille de Sofiprotéol (qui sera effective en 2015) est une opération plus défensive que celle réalisée en Pologne. Objectif : reprendre des parts de marché sur les PAI et en restauration, où les produits importés se sont largement développés ces dernières années.
Des volumes en recul de 1,4 % au second semestre 2013 et de 1 % au premier semestre 2014 (source Kantar via LDC), la consommation de volaille à domicile marque le pas. « Nous n'avons pas connu cette situation, plus de trois trimestres consécutifs en retrait, depuis longtemps, c'est un signe dont il faut tenir compte », estime Denis Lambert. Le dirigeant reste toutefois optimiste. Sur ce marché en recul, LDC a maintenu ses volumes au premier semestre de son exercice. Et le renforcement des activités PAI et RHF avec la reprise des sites de Sofiprotéol porte sur des secteurs en croissance, avec le développement des nuggets, par exemple, estime Denis Lambert.
LDC devra notamment redresser le site de Blancafort (voir article précédent). A noter, le prix de l'acquisition, « dans les standards habituels de LDC, à savoir 4 ou 5 fois l'Ebitda pour les activités bénéficiaires », a précisé Denis Lambert.
EN FINIR AVEC LES PERTES DU TRAITEUR
Dernier point saillant de la présentation des résultats, les performances contrastées du pôle traiteur. Si les pertes ont nettement reculé sur le traiteur historique (de 4 millions d'euros au premier semestre du dernier exercice, elles sont passées à 1,8 million d'euros), Marie est repassé dans le rouge, avec une perte de 0,5 million d'euros. Cette « légère déception momentanée », liée à d'importants efforts promotionnels, devrait se corriger sur le second semestre. « Nous sommes confiants sur un équilibre légèrement positif en fin d'exercice », a déclaré Denis Lambert. Mais au sein du traiteur, certaines activités sont toujours à la peine. Le regroupement de la production de sandwich à Segré doit faire revenir cette activité dans le vert (après plus de 5 millions d'euros de pertes sur le dernier exercice) mais avec des résultats encore « insuffisants par rapport aux objectifs globaux du traiteur ».
LE SURGELÉ, « UN VRAI SUJET »
Reste l'épineuse question du surgelé, « un vrai sujet » selon les propres termes de Denis Lambert. La production atteint 40 000 tonnes, pour des capacités de 70 000 tonnes, dans un marché qui était déjà difficile avant la crise de la viande de cheval l'an passé (tous les volumes n'ont pas été récupérés). « En 2015, nous allons régler la problématique du surgelé », annonce Denis Lambert, qui assure mettre les moyens nécessaires pour gagner des volumes.
En 2011, LDC avait évoqué plusieurs possibilités : continuer seul, sous-traiter ou vendre Marie Surgelés (filiale à part entière). Si la décision de continuer seul l'a emportée dans un premier temps, les options restent les mêmes aujourd'hui les mêmes qu'à l'époque. Mais cette information livrée par Denis Lambert le 27 novembre pèse certainement dans la balance : le surgelé pèse 50 % des ventes de la marque Marie.
Dans un marché globalement en crise,« les œufs sont un sujet douloureux pour LDC. Nous sommes sur l'œuf label et à marque. Nous ne souhaitons pas rentrer sur le grand marché de l'œuf. Il n'y a pas de discussions avec Mâtine », déclare Denis Lambert.